CYCLE DES
APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX - CYCLE 2
Horaires
Dans l'introduction générale ont été rappelés les principes
organisateurs. Les horaires sont précisés sur la base de la semaine et
comportent une part de souplesse importante. L'équipe de cycle peut ainsi
établir une programmation rigoureuse, avec des temps forts au cours de l'année.
Le maître conserve la liberté pédagogique qui lui permet de tenir compte des
particularités de sa classe.
L'un des gages de la réussite se situe dans la régularité avec laquelle
ces activités sont proposées aux élèves : ils doivent lire et écrire tous les
jours pendant un temps suffisant non seulement dans les phases de découverte
mais aussi dans les phases de stabilisation des acquis. Au cycle 2 où
l'essentiel de la maîtrise du langage est consacré à la construction du savoir
lire et du savoir écrire (presque une heure chaque jour pour chacune des deux
activités), dès que l'élève devient capable d'une première autonomie, il doit
prendre plaisir à relire seul les textes découverts collectivement dans les
autres domaines ("Découvrir le monde", etc.) et écrire ou copier de sa propre
main les textes produits à cette occasion. Là encore, c'est la régularité de
l'activité qui compte : ces lectures et ces copies doivent être proposées chaque
jour (au moins une demi-heure).
|
DOMAINES |
HORAIRE MINIMUM |
HORAIRE MAXIMUM |
|---|---|---|
|
9
h |
10
h | |
|
0 h 30 (débat
hebdomadaire) | ||
|
5
h |
5 h
30 | |
|
3
h |
3 h
30 | |
|
1
h |
2
h | |
|
3
h | ||
|
3
h | ||
|
ACTIVITÉS QUOTIDIENNES |
HORAIRE MINIMUM |
|---|---|
|
Lecture et écriture (rédaction ou copie) |
2 h
30 |
MAÎTRISE DU LANGAGE ET DE LA LANGUE
FRANÇAISE
OBJECTIFS
Le cycle
des apprentissages fondamentaux doit permettre à chaque élève d'apprendre à lire
et à écrire le français tout en se familiarisant avec quelques aspects majeurs
de la culture écrite. C'est une première étape dans un cheminement qui a
commencé dès l'école maternelle par l'accès au langage de l'évocation (rappel
des événements passés, formulation de projets, verbalisation de situations
imaginaires) et par la familiarisation avec la langue et la culture de l'écrit.
La fréquentation assidue des littératures orales et des albums destinés aux
jeunes enfants en a été un élément décisif, de même que toutes les expériences
et les connaissances accumulées dans les divers domaines d'activités. Ces
objectifs sont loin d'être atteints lorsque l'enfant entre à l'école
élémentaire. Ils doivent être visés avec la même détermination non seulement au
cycle 2, mais au cycle 3, sans parler du début du collège.
Le travail s'est poursuivi, particulièrement
pendant la dernière année de l'école maternelle, par une patiente préparation à
l'apprentissage de la lecture et de l'écriture : entendre et distinguer les
différents sons de la langue française (phonèmes), comprendre comment les
lettres (graphèmes) les représentent. Pour nombre d'enfants, cet apprentissage
n'est pas terminé au moment d'accéder à l'école élémentaire. C'est en ce sens
qu'on ne doit pas considérer le cours préparatoire comme le début d'un nouvel
enseignement. En fait, il poursuit et complète le travail commencé à l'école
maternelle. Les enseignants doivent prendre le plus grand soin de vérifier les
acquis des élèves qui entrent à l'école élémentaire et, lorsque les compétences
de fin d'école maternelle dans le domaine du langage restent lacunaires, ne pas
hésiter à prolonger les activités qui se déroulaient en grande section. L'accès
à la langue écrite relève de la totalité du cycle des apprentissages
fondamentaux et non de la seule année de cours préparatoire.
L'apprentissage de la lecture et celui de
l'écriture sont parfaitement complémentaires. L'un et l'autre sont en permanence
menés de pair et se renforcent mutuellement. Si, pour la clarté de l'exposé, ils
sont ici distingués, il est essentiel que dans la classe ils soient abordés au
sein des mêmes séquences dans des alternances rigoureusement pensées. Apprendre
à écrire est l'un des meilleurs moyens d'apprendre à lire.
Dans chacun de ces apprentissages, les
connaissances structurées dans les divers domaines du programme du cycle 2, les
ouvrages de littérature de jeunesse signalés par la bibliographie mise à la
disposition des enseignants et les différents instruments de documentation
imprimés ou numérisés, adaptés à l'âge des élèves, constituent la base
culturelle sans laquelle parler, lire et écrire ne seraient que des mécanismes
sans signification.
PROGRAMME
1
- Maîtrise du langage oral
La maîtrise du lange oral, principal domaine d'activités de l'école
maternelle, doit être l'objet d'autant d'attention tout au long du cycle des
apprentissages fondamentaux. Elle se renforce dans l'exercice des multiples
situations de communication qui structurent la vie de la classe et celle de
l'école, mais aussi dans des moments visant explicitement le développement et la
structuration du langage de chacun.
1.1 Prendre toute sa place dans le réseau des communications
quotidiennes
À l'école
élémentaire, une demi-heure par semaine a été inscrite à l'emploi du temps pour
commencer à formaliser les moments de débats qui portent sur la vie collective
(voir "Vivre ensemble"). Il convient de les conduire de manière à ce qu'aucun
élève ne soit écarté des échanges, à ce que chacun apprenne à écouter tant les
adultes que ses camarades et accepte la conduite du débat qui, pour l'essentiel,
relève encore à cet âge de l'enseignant. Dans la mesure où la principale
difficulté réside dans la capacité de tenir compte de l'échange en cours pour
faire avancer la réflexion collective, c'est dans cette perspective que le
maître doit être particulièrement attentif à guider le groupe. Des débats moins
formalisés peuvent avoir lieu dans les séquences d'apprentissages. Ils doivent
alors bénéficier du même accompagnement.
1.2 Entrer dans le dialogue didactique
Les dialogues instaurés
entre le maître et l'élève tout au long des apprentissages sont une autre face
importante des communications qui se structurent durant ce cycle. L'élève doit
apprendre à s'appuyer sur ces échanges pour structurer une connaissance
incertaine, sortir d'une incompréhension, prendre conscience d'une erreur et la
corriger. L'élargissement de l'échange à quelques élèves peut être profitable, à
condition toutefois de ne jamais perdre de vue que l'essentiel reste de
permettre à chaque élève de restructurer ses représentations et de rectifier les
manières de les formuler, grâce aux interactions de celui qui sait, c'est-à-dire
du maître.
1.3 Continuer à
apprendre à parler la langue française et à la comprendre
En entrant à l'école élémentaire, les élèves
éprouvent encore de nombreuses difficultés lorsqu'ils tentent d'évoquer un
événement que leur interlocuteur ne connaît pas ou quand ils veulent expliquer
un phénomène un peu complexe. D'une manière générale, dès qu'ils s'aventurent
dans une formulation enchaînant plusieurs énoncés et lorsqu'ils ne sont pas
relancés par la parole d'un interlocuteur, ils restent encore souvent
maladroits. Il en est de même lorsqu'ils tentent de comprendre des formulations
orales de ce type. Lorsque ces situations se présentent, c'est en recourant au
dialogue que le maître construit progressivement une meilleure compréhension ou
une meilleure expression.
Permettre des prises de parole plus longues, améliorer la compréhension
en dehors des situations de dialogue
Pour que chaque élève acquière progressivement une plus grande autonomie
dans ces usages du langage, pour qu'il puisse assumer une prise de parole plus
longue et plus structurée, il est nécessaire de programmer des activités
spécifiques prolongeant celles qui étaient mises en place à l'école maternelle.
Là encore, le rappel d'un événement passé doit être considéré comme prioritaire.
Il débouche sur un usage oral du récit qui s'articule avec la compréhension des
textes entendus.
Faciliter la
compréhension des textes narratifs (en situation d'écoute et de "reformulations"
alternées)
La découverte
d'albums ou d'histoires illustrées peut être, à l'école élémentaire encore, un
moyen privilégié pour y parvenir. L'alternance entre lecture de l'enseignant,
rappel par un ou plusieurs élèves reformulant le texte dans leurs propres mots,
dialogue sur les difficultés, nouvelle lecture de l'enseignant, nouvelle
formulation par les élèves (sous la forme d'une dictée à l'adulte, par exemple)
est susceptible d'aider chacun à se doter d'une plus grande familiarité avec ces
textes. On exige progressivement que l'élève prenne une part plus grande dans
cet échange, de manière à ce qu'il structure mieux ce qu'il souhaite dire et
comprenne des textes plus longs et plus complexes.
Faciliter la compréhension des textes explicatifs (en
situation de découverte collective)
Il en est de même pour des formes qui relèvent de l'explication et
peuvent déboucher sur une meilleure compréhension des multiples aspects du
documentaire (film, livre, revue, multimédia...). Au cycle des apprentissages
fondamentaux, l'accès oral à ces sources d'information, par le son ou par la
voix du maître, l'appui sur les images ou les schémas restent nécessaires. Là
encore, production et compréhension se complètent : parcours en commun d'un
document, dialogue sur les aspects successifs des éléments d'information,
synthèses partielles demandées aux élèves et relancées par le maître, synthèse
finale qui peut être là encore obtenue par une dictée à
l'adulte.
Articuler maîtrise du
langage oral et maîtrise du langage écrit
D'une manière générale, au cycle des apprentissages
fondamentaux, les élèves ne maîtrisent pas encore suffisamment l'écrit pour
pouvoir se poser de véritables "problèmes" de compréhension sur les textes
qu'ils lisent. Les manuels d'apprentissage de la lecture reflètent cette
situation en évitant toute complexité narrative. Si l'on souhaite que le
développement des stratégies de compréhension des textes longs et complexes
puisse se poursuivre - et il est essentiel qu'il en soit ainsi-, c'est donc
prioritairement sur des textes dits à haute voix par l'enseignant qu'elles
doivent être exercées.
1.4
Parler sur des images
Les
images, sous toutes leurs formes, fixes ou animées, sont fréquemment utilisées
au moment de l'apprentissage de la lecture comme équivalent du message écrit que
l'enfant ne sait pas encore lire. Ainsi - une leçon de lecture commence presque
toujours par l'exploration d'une image. Cette utilisation repose sur l'idée que
l'image serait immédiatement décodable par l'enfant et que son message
relèverait de l'évidence. En fait, il n'en est rien.
Dans le cadre des activités artistiques, les élèves du
cycle des apprentissages fondamentaux commencent à utiliser les images de façon
plus réfléchie. Toutefois, c'est quotidiennement que des images sont employées
dans les différentes activités de la classe. Il importe que, chaque fois qu'il
en est ainsi, ces documents fassent l'objet d'une discussion patiente afin que
le message qu'ils portent soit verbalement élaboré. Ce sera l'occasion de
confirmer l'identification de nombreux éléments du langage iconographique et,
réciproquement, de préciser la signification des mots qui les désignent,
d'expliciter les actions suggérées par les rapprochements des objets ou
personnages représentés, de retrouver, chaque fois que cela sera possible, les
correspondances suggérées avec d'autres images déjà rencontrées, de s'engager
dans une interprétation simple du point de vue adopté par le photographe, le
dessinateur ou le cinéaste.
Toutefois, on ne s'enfermera jamais dans un décodage formel des images.
Il s'agit simplement de s'assurer que les élèves parviennent à construire un
socle commun de compréhension et qu'ils sont susceptibles de passer sans
difficulté de l'élaboration de cette signification à sa
verbalisation.
1.5 Structurer
et augmenter le vocabulaire disponible
À partir de six ans, les enfants deviennent de plus en plus
attentifs aux mots nouveaux qu'ils découvrent dans les discours d'autrui ou à
l'occasion des lectures qu'ils écoutent. Grâce à leurs interventions, les
adultes permettent d'ajouter précision et rigueur au réemploi plus ou moins
spontané des mots ainsi rencontrés. Dans cette perspective, les discussions sur
la compréhension des textes jouent encore un rôle essentiel.
L'attention à la construction des mots permet
d'accroître plus rapidement le vocabulaire disponible dans la mesure où chaque
élément nouvellement acquis ouvre la possibilité de comprendre et de produire
ceux que l'on peut dériver à partir de lui. La manipulation ludique des nombreux
préfixes et suffixes de la langue ouvre la voie à des "inventions" de mots dont
il appartient au maître de dire ensuite si elles sont licites ou non. Là encore,
il ne s'agit pas de s'engager dans une description formelle du lexique mais de
jouer avec lui et de développer ainsi le plaisir de la langue.
1.6 Dire des textes
Parmi les nombreux textes, en prose ou en vers,
que l'élève de cycle 2 découvre par la voix de son enseignant, il s'en trouve
souvent qui, du fait de l'intérêt qu'ils ont suscité et de leurs qualités
littéraires, méritent d'être appris par cœur. Cette mémorisation intervient au
terme d'un travail qui a permis de comprendre le texte et d'en discuter les
significations possibles. L'apprentissage se fait en classe, comme à l'école
maternelle, c'est-à-dire collectivement. La préparation de l'interprétation
suppose un débat, des essais, des jugements, des prises de décisions... Il est
préférable à cet âge de privilégier les interprétations collectives plutôt que
les interprétations individuelles (voir "Éducation musicale"). Le théâtre peut
offrir l'occasion d'un projet plus élaboré. Il peut en être de même avec des
assemblages de textes en prose ou en vers. La poésie doit toutefois garder au
cycle 2 une place aussi centrale qu'à l'école maternelle.
La lecture à haute voix est un autre aspect de
la diction des textes. Elle intervient, dès que la lecture est suffisamment
assurée et suppose un travail très semblable à celui qui est fait avec des
textes appris par cœur. Dans ce cas, le texte doit aussi être en partie mémorisé
et la lecture n'intervient que comme support de la mémoire.
Il est important de ne pas confondre ce travail
d'interprétation d'un texte à l'intention d'un auditoire avec la lecture à voix
haute qui accompagne la plupart des activités d'alphabétisation du cycle des
apprentissages fondamentaux. Dans ce dernier cas, l'objectif est seulement de
parvenir à rétablir l'accentuation des groupes de mots (en français, l'accent
porte sur la dernière syllabe du groupe) ainsi que la courbe intonative normale
de la phrase pour en retrouver la signification.
2 - Lecture
Apprendre à lire, c'est apprendre à mettre en jeu en même
temps deux activités très différentes : celle qui conduit à identifier des mots
écrits, celle qui conduit à en comprendre la signification dans le contexte
verbal (textes) et non verbal (supports des textes, situation de communication)
qui est le leur. La première activité, seule, est spécifique de la lecture. La
seconde n'est pas très dissemblable de celle qui porte sur le langage oral, même
si les conditions de communication à l'écrit diffèrent (absence d'interlocuteur,
permanence du message) et si la langue écrite comporte des spécificités de
syntaxe, de lexique ou textuelles, assez rarement présentes à
l'oral.
Chez le lecteur
confirmé, les deux activités sont presque simultanées. La première s'est
automatisée, libérant toutes les ressources intellectuelles pour la seconde qui
peut alors bénéficier d'une attention soutenue. Chez le lecteur débutant,
l'identification des mots est encore peu efficace, elle est souvent trop lente
pour que la mémoire conserve tous les mots reconnus jusqu'à la fin de l'énoncé.
La compréhension reste difficile et doit être fortement soutenue, en particulier
lorsqu'on aborde des textes longs ou complexes. Toutefois, ce n'est qu'en
rendant plus efficace l'identification des mots que l'apprenti lecteur parvient
en fin de cycle à une première autonomie.
L'un et l'autre aspect de la lecture doit être enseigné.
Cela suppose une programmation précise des activités tout au long du cycle. La
plupart des "méthodes" de lecture proposent aujourd'hui des programmes de
travail équilibrés. L'appui sur un manuel scolaire de qualité se révèle un gage
de succès important dans cet enseignement délicat, en particulier pour les
enseignants débutant dans ce cycle. Toutefois, ce manuel ne peut, en aucun cas,
être le seul livre rencontré par les élèves. La fréquentation parallèle de la
littérature de jeunesse, facilitée par de nombreuses lectures à haute voix des
enseignants, est tout aussi nécessaire et demeure le seul moyen de travailler la
compréhension des textes complexes.
2.1 Avoir compris le principe qui gouverne le codage alphabétique des
mots
Pour identifier des
mots, l'apprenti lecteur doit avoir compris le principe qui gouverne le codage
de la langue écrite en français : les lettres ou groupes de lettres (graphèmes)
représentent le plus souvent des unités distinctives de la langue orale
(phonèmes) assemblées en syllabes. L'enfant construit progressivement ce savoir
dès l'école maternelle (voir le chapitre "Le langage au cœur des apprentissages"
dans le programme de l'école maternelle) mais n'a pas encore pleinement compris
la complexité de ce principe à l'entrée de l'école élémentaire.
Il importe donc que l'enseignant évalue ses
élèves dans ce domaine avant même de commencer l'enseignement de la lecture. On
peut, par exemple, poser un"problème" d'écriture (si l'on souhaite écrire tel
mot, comment fait-on ?) en complexifiant progressivement la tâche et en
observant la manière dont travaillent les élèves : capacité ou non d'entendre
les éléments phonologiques qui constituent le mot, capacité de proposer un signe
graphique pour une unité phonologique, connaissance du nom des lettres et de
leur(s) valeur(s)...
D'une
manière générale pour tous les élèves et d'une manière différenciée pour tous
ceux qui sont encore loin d'avoir compris le principe alphabétique, un programme
de travail doit être mis en place pour :
- améliorer la reconnaissance des unités distinctives
composant les mots : syllabe, attaque du mot (consonne(s) précédant la voyelle),
rime (voyelle et consonne(s) suivant la voyelle), progressivement phonème
;
- renforcer le répertoire des
mots orthographiquement connus permettant de construire l'écriture
phonétiquement correcte d'un mot nouveau ; savoir en analyser les composantes
sonores (syllabes et, en partie, phonèmes), les écrire et les épeler ; pouvoir
rapprocher des mots nouveaux de ces mots repères ;
- multiplier les exercices de "résolution de problèmes
orthographiques" (comment pourrait-on écrire tel ou tel mot ?) conduisant à
utiliser efficacement les deux premières compétences.
2.2 Savoir segmenter les énoncés écrits et oraux jusqu'à
leurs constituants les plus simples
Parallèlement au travail portant sur le principe du codage
alphabétique des mots, il est décisif que les élèves bénéficient d'un
enseignement ordonné et structuré leur permettant de progresser rapidement dans
l'identification des mots.
Segmentation du texte en mots
À l'école maternelle, la première approche du code écrit porte plus
souvent sur des mots que sur des textes. À l'école élémentaire, ce sont des
textes qui très vite deviennent les supports privilégiés du travail de lecture,
et l'élève doit apprendre à identifier les mots qui les composent. Or le mot
n'est pas une réalité évidente du langage oral, elle ne s'impose qu'à celui qui
sait lire et écrire. Il importe donc, dès les premières semaines d'enseignement
de la lecture, de renforcer l'articulation entre mots écrits (unités graphiques
séparées par des blancs) et unités correspondantes de la chaîne orale. Par
exemple, l'enseignant peut montrer de la main les mots d'un texte qu'il lit à
haute voix. C'est la première étape du travail de segmentation, phase importante
de l'apprentissage de la lecture.
Segmentation des mots en syllabes et phonèmes
La segmentation des énoncés se poursuit au niveau du mot
lui-même en accentuant le travail d'analyse des unités distinctives. À l'école
maternelle et en début d'école élémentaire, il relève pour l'essentiel de jeux.
Il faut que, à l'école élémentaire, la capacité d'analyse devienne plus sûre et
plus précise. C'est dans cette perspective qu'il convient de multiplier les
exercices permettant de catégoriser les unités sonores de différents niveaux,
par l'élaboration de règles de tri, la mise en œuvre de classements, la
recherche d'éléments nouveaux pouvant entrer dans les classes proposées... De
même, il est important d'entraîner les élèves à transformer des mots en jouant
sur leurs composants : segmentation, dénombrement des unités, modification du
mot par raccourcissement, allongement, inversion (des syllabes, puis des
phonèmes). L'analyse phonologique stricte semble être au moins autant la
conséquence que la cause de l'apprentissage de la lecture. Elle ne peut donc
être un préalable exigible.
2.3 Deux manières d'identifier les mots
Pour identifier un mot, le lecteur doit relier
une information visuelle (le mot écrit) à un savoir déjà acquis du fait de
l'apprentissage de la parole : l'image acoustique de ce mot (la représentation
des phonèmes qui le constituent) et sa (ou ses) signification(s). Deux manières
de parvenir à ce résultat sont disponibles : la voie directe et la voie
indirecte. L'apprenti lecteur doit apprendre à se servir efficacement de l'une
et de l'autre. Elles se consolident mutuellement par leur utilisation fréquente
et sont renforcées par toutes les activités d'écriture.
Identification des mots par la voie directe
(lecture courante)
Ce type
d'identification est possible si le lecteur dispose déjà, dans sa mémoire, d'une
image orthographique du mot. Dans ce cas, le mot est quasi instantanément
reconnu, à la fois visuellement, auditivement et sémantiquement. On sait
aujourd'hui que le lecteur ne s'appuie pas sur la silhouette du mot pour
l'identifier, mais sur la perception très rapide des lettres qui le
composent.
Identification des
mots par la voie indirecte (déchiffrage)
On peut aussi retrouver un mot dont on n'a pas mémorisé
l'image orthographique en recourant à la voie indirecte, c'est-à-dire à son
déchiffrage. Dans ce cas, les lettres sont assemblées pour constituer des
syllabes prononçables, le mot est prononcé et comparé aux mots proches dont on a
déjà l'image auditive dans la mémoire. Les écarts importants qui exigent en
français entre syllabe écrite et syllabe orale rendent souvent cette
identification délicate.
2.4
Apprendre à identifier les mots par la voie indirecte (déchiffrer)
Pour pouvoir identifier les
mots par la voie indirecte, les élèves de l'école élémentaire, qui ont commencé
à comprendre la manière dont fonctionne le code alphabétique, doivent aussi
mémoriser les relations entre graphèmes et phonèmes et apprendre à les
utiliser.
La plupart des
méthodes proposent deux types d'abord complémentaires ; analyse de mots entiers
en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises ; synthèse, à
partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés. Les deux
types d'activités sont travaillés en relation avec de nombreuses situations
d'écriture permettant de renforcer la mise en mémoire de ces
relations.
Analyse du matériel
graphique et synthèse des unités identifiées
Dans le premier cas, chaque mot présenté est analysé par
analogie avec les mots repères (dans "manteau", je vois le "man" de "maman", le
"t" de "table", le "eau" de "beau"). Chaque unité graphique repérée, quelle que
soit sa taille, peut être écrite ou épelée et a une valeur phonétique non
ambiguë (je prononce [mã], [tø] ou [o]).
Dans un deuxième temps, le matériel sonore ainsi retrouvé
doit être rassemblé, syllabe après syllabe, pour constituer un mot renvoyant à
une image acoustique disponible dans la mémoire de l'élève. La principale
difficulté réside dans l'assemblage de la syllabe à partir des phonèmes qui la
constituent : le passage de [tø] et [o] à [to] est difficile à découvrir sans
guidage et nécessite le plus souvent que l'équivalence soit
apprise.
D'où la nécessité
d'exercer les élèves à la démarche de synthèse par la mémorisation des
principaux assemblages syllabiques entre voyelles et consonnes dans les
différentes combinaisons possibles. C'est par l'écriture, plus encore que par la
lecture, que ces régularités sont mises en mémoire : production de syllabes à
partir d'une consonne ou d'une voyelle, écriture de syllabes sous dictée,
découpage d'un mot écrit régulier en syllabes...
Difficultés de l'analyse liées aux irrégularités de
l'orthographe du français
L'analyse, elle-même, se complique au fur et à mesure que l'apprenti
lecteur aborde des mots moins réguliers mettant en jeu des doubles consonnes,
des lettres ayant une valeur phonétique indirecte ("u" après "c" et "g"...), une
valeur grammaticale, comme "nt" du pluriel des verbes, ou une valeur lexicale
("gt" de "doigt"...). Ces réalités ne doivent pas être ignorées dans l'analyse,
car elles sont des supports importants de l'identification des mots (c'est leur
lettre muette qui permet de distinguer "rat" de "ras" ou, dans de nombreux cas,
un pluriel d'un singulier). Elles doivent être intégrées et elles-mêmes référées
à des mots repères caractéristiques.
L'analyse se complexifie encore lorsqu'elle aborde des découpages ambigus
ou des situations contextuelles très particulières. C'est le cas, par exemple,
lorsque le découpage en syllabes orales ne correspond plus au découpage en
syllabes écrites le plus fréquent comme dans les divers usages du "n" ou du "m"
("animal" opposé à "angine"). Là encore, le guidage est d'autant plus essentiel
que l'apprenti lecteur se sert très rapidement des premières distinctions qu'on
lui propose pour les étendre à toutes celles, similaires, qu'il rencontre. Le
risque réside, bien sûr, dans une nouvelle irrégularité du codage qui doit, à
son tour, être présentée par l'enseignant.
Complémentarité entre exercices de lecture et exercices
d'écriture
L'articulation entre
lecture et écriture reste, dans ce cas, comme dans les précédents, un excellent
moyen de renforcer les apprentissages. L'écriture d'un mot que l'on ne sait pas
encore écrire permet, en effet, de revenir à une activité de synthèse qui vient
compléter l'analyse. La dictée n'en est pas le seul moyen. Les jeux d'écriture
permettent de comparer des phonèmes proches (par exemple, de distinguer le [d]
du [t]), des graphèmes différents renvoyant à un même phonème ("o", "au",
"eau"), des règles de contexte (comme celles qui distinguent les différentes
graphies du [s] ou du [z]), ou encore des découpages syllabiques
ambigus.
Programmation des
activités
Ces apprentissages
sont au cœur de la plupart des méthodes d'enseignement de la lecture. La qualité
des programmations proposées doit guider le choix des enseignants. Certains
laissent se constituer ces connaissances au hasard des rencontres et des
réactions des élèves (c'est le cas de la méthode "naturelle" proposée par
Célestin Freinet), d'autres (en particulier les livrets proposés par les
éditeurs) les organisent selon une progression qui combine complexité croissante
des activités mises en jeu tant dans l'analyse que dans la synthèse et
complexité croissante des relations entre graphèmes et phonèmes. Dans les deux
cas, il importe d'aider les élèves à mémoriser ces informations, donc à leur
permettre de les structurer de manière rigoureuse et de les réviser
fréquemment.
Certaines méthodes
proposent de faire l'économie de l'apprentissage de la reconnaissance indirecte
des mots (méthodes globales, méthodes idéo-visuelles...) de manière à éviter que
certains élèves ne s'enferment dans cette phase de déchiffrage réputée peu
efficace pour le traitement de la signification des textes. On considère souvent
aujourd'hui que ce choix comporte plus d'inconvénients que d'avantages : il ne
permet pas d'arriver rapidement à une reconnaissance orthographique directe des
mots, trop longtemps appréhendés par leur signification dans le contexte qui est
le leur plutôt que lus. On peut toutefois considérer que la plupart de ces
méthodes, par le très large usage qu'elles font des activités d'écriture,
parviennent aussi à enseigner, de manière moins explicite, les relations entre
graphèmes et phonèmes. Il appartient aux enseignants de choisir la voie qui
conduit le plus efficacement tous les élèves à toutes les compétences fixées par
les programmes (les compétences de déchiffrage de mots inconnus en font
partie).
2.5 Apprendre à
identifier des mots par la voie directe
À la fin du cycle des apprentissages fondamentaux, les
élèves doivent utiliser de manière privilégiée la voie directe. Elle leur permet
une identification quasi instantanée des mots et facilite donc la compréhension
en soulageant la mémoire d'une part, en permettant une prise d'information plus
sûre et plus complète de l'autre.
Cet accès direct suppose que les élèves aient mémorisé la forme
orthographique (et non l'image globale) de très nombreux mots et qu'ils aient
donc bénéficié d'un entraînement important et régulier. Il est toutefois normal
qu'ils ne puissent pas lire par cette voie de manière continue, car la plupart
des textes qu'ils découvrent comportent des mots peu fréquents qu'ils ne
connaissent pas, à l'oral comme à l'écrit, ou dont la forme orthographique n'a
pas été mémorisée.
Identification des mots outils
Les mots dont la forme orthographique est mémorisée en premier lieu sont
bien sûr ceux qui sont les plus fréquemment rencontrés. Il convient que ce
soient aussi les plus fréquents de la langue, pour l'essentiel des mots outils,
et pas seulement ceux qui ont fait l'objet de multiples manipulations dans les
rituels de la classe. Les mots outils sont peu perceptibles dans le langage oral
(les enfants ne séparent pas aisément l'article du nom qui le suit, l'auxiliaire
du verbe...). Ils doivent donc être particulièrement mis en valeur dans tous les
exercices de segmentation des textes écrits.
On peut commencer à se livrer, dès la première année
d'école élémentaire, à des classifications faisant apparaître des similitudes
graphiques (le "c" des démonstratifs, le "s" des possessifs de 3e personne...)
ou rapprochant les mots appartenant à une même catégorie (définie
essentiellement par les substitutions qu'elle autorise : en position de
déterminant, de préposition...).
Identification des noms, des verbes et des adjectifs
L'identification des mots écrits autres que les
mots outils passe évidemment par l'accroissement général du vocabulaire des
élèves (leur lexique mental) et, donc, par les connaissances qu'ils accumulent.
Au cycle des apprentissages fondamentaux, ces connaissances sont le plus souvent
construites oralement dans les activités relevant des domaines "Découvrir le
monde" ou "Éducation artistique" ou encore pendant les lectures de littérature
de jeunesse. Il est donc essentiel de ne pas les négliger, en particulier pour
les élèves qui ne bénéficient pas, hors de l'école, d'activités culturelles
variées.
Toutefois,
l'identification des mots écrits pose aussi de simples problèmes de lecture et
suppose, en particulier chez le lecteur débutant, accompagnement et guidage.
Comme pour les mots outils, l'articulation entre exercices de lecture et
exercices d'écriture joue un rôle important. Chaque fois que l'élève écrit un
mot, il en mémorise les composantes graphiques de manière plus sûre que
lorsqu'il le lit.
Dans cette
perspective, toutes les activités de copie sont intéressantes. Il s'agit de
copies visant à favoriser la mise en mémoire de l'orthographe des mots et qui
supposent donc que l'enfant apprenne rapidement à ne plus se contenter d'une
transcription lettre à lettre. Le traitement du texte source relève donc, ici
encore, d'une activité de segmentation et d'analyse du matériel graphique (où
couper le mot lorsqu'on ne parvient pas à le mémoriser tout entier ? comment
mémoriser ensemble le nom et son déterminant ? l'auxiliaire et le verbe ?
etc.).
Attirer l'attention sur
la manière dont les mots sont assemblés ou construits
L'attention aux marques grammaticales portées par
l'écriture est précoce : dès cinq ans, de nombreux enfants s'interrogent
spontanément sur le rôle du "s" du pluriel. À l'école élémentaire, il importe de
signaler systématiquement ces phénomènes, tant en lecture qu'en écriture en les
traitant comme de petits problèmes à résoudre (discussions sur leur
distribution, sur leur rôle ; comparaison des différentes manières de marquer un
même phénomène...) et en focalisant l'attention sur toutes leurs occurrences. Il
ne s'agit pas de se livrer à des exercices d'analyse grammaticale, moins encore
d'enfermer les élèves dans une terminologie approximative. Il convient, au
contraire, de jouer avec les énoncés, à l'oral comme à l'écrit, de manière à
sensibiliser les élèves aux effets de telle ou telle marque : que se passe-t-il
lorsqu'on change un déterminant singulier par un déterminant pluriel ? une
terminaison de personne ? de temps ? L'essentiel est de développer chez tous les
élèves une conscience claire des effets produits par chaque modification sur la
signification des énoncés. On peut faire l'hypothèse que ce travail contribue
grandement à faciliter l'identification et le traitement, dans leur contexte,
des mots des textes lus.
On sera
en particulier attentif aux marques du genre et du nombre dans le groupe
nominal, aux marques du pluriel sur le verbe, aux marques de personne les plus
régulières. On commencera à attirer l'attention sur quelques marques temporelles
particulièrement prégnantes du passé (passé composé et
imparfait).
Il en est de même
pour les liens introduits entre les mots par tous les phénomènes de dérivation
("sable", "sableux", "sablonneux", "sablière", "sablage", "sabler", "ensablé")
qui doivent donner lieu à de très nombreux exercices de manière à en rendre la
production aisée et, avec l'aide de l'enseignant, le contrôle plus rigoureux et
la signification précise. On peut, comme ci-dessus, chercher tous les mots
dérivables d'un mot simple, jouer sur un suffixe ou un préfixe et fabriquer des
mots à partir de celui-ci en se demandant quels sont les mots qui existent dans
la langue et ceux qui n'existent pas ("coiffure" opposé à "peignure"), ou encore
tenter de retrouver le mot simple à partir des mots qui en sont dérivés, là
encore en contrôlant les résultats. Il ne s'agit pas de se livrer à des
exercices d'étymologie, mais d'amener les élèves à se servir des informations
graphiques disponibles.
2.6
Comprendre les textes
Il y
a de très nombreux points communs entre compréhension des textes écrits et
compréhension des énoncés oraux qui mettent en jeu des situations de
communication proches (monologue, absence des référents...). C'est dire que tout
ce qui permet d'approfondir la compréhension du langage oral prépare l'élève à
une meilleure compréhension des textes. C'est dire aussi que, tant que l'élève
ne dispose pas d'une capacité d'identification des mots suffisante,
l'entraînement de la compréhension doit s'effectuer dans deux directions :
oralement pour les textes longs et complexes, en particulier sur des textes de
littérature adaptés à l'âge des enfants, sur l'écrit pour des textes plus courts
et ne se référant pas à des connaissances ou à des expériences ignorées des
élèves.
Comprendre des textes
littéraires
Comme à l'école
maternelle, les textes littéraires (albums d'abord, nouvelles ou courts romans
ensuite) doivent être au cœur des activités de l'école élémentaire. Le plus
souvent, ils sont rencontrés par la médiation des lectures à haute voix de
l'enseignant. Les élèves tentent ensuite de reformuler dans leurs propres mots
le texte entendu. Il appartient au maître de proposer les découpages qui
permettent d'appréhender les étapes successives du récit, de construire les
synthèses nécessaires, de tenter d'anticiper la suite de ce qui a déjà été
lu...
Les erreurs
d'interprétation, les oublis renvoient souvent à des passages qui n'ont pas été
compris. Relire ne suffit donc pas à dépasser les difficultés. Un dialogue doit
s'engager entre l'enseignant et les élèves pour, en s'appuyant sur ce qui est
connu, construire des représentations claires de ce qui ne l'est pas encore. Ce
travail ne peut être conduit seulement avec le grand groupe. Il doit être mené
pas à pas avec chacun des élèves de manière à ne jamais abandonner ceux qui sont
le plus loin de la culture littéraire. Même si le résumé reste à cet âge hors de
portée de la plupart des élèves, une part importante du travail de compréhension
doit porter sur la construction d'une synthèse aussi brève que possible du texte
lu : de qui ou de quoi parle ce texte (thème) ? qu'est-ce qu'il dit (propos)
?
À l'oral, on ne peut se
contenter d'exiger des élèves une compréhension des informations données
littéralement dans le texte. On doit les engager à retrouver les informations
implicites qui sont à leur portée (la compréhension des lacunes d'un message
suppose que l'on dispose des connaissances permettant de les retrouver). Cela
implique de la part de l'enseignant un questionnement précis sur l'implicite, y
compris sur ce qui lui paraît le plus évident. C'est à ce prix seulement que
tous les élèves deviennent susceptibles de comprendre les textes qu'ils
lisent.
Au-delà, il est tout
aussi important de conduire les élèves à une attitude interprétative : le sens
d'un texte littéraire n'est jamais totalement donné, il laisse une place
importante à l'intervention personnelle du lecteur (ici l'auditeur). C'est par
le débat sur le texte entendu, plus tard lu, que les diverses interprétations
peuvent être comparées. Elles doivent aussi être évaluées en revenant au texte
lui-même de manière à contrôler qu'elles restent compatibles avec celui-ci.
C'est en s'engageant résolument dans ce travail interprétatif que l'élève peut
aussi apprendre le respect dû à la lettre du texte.
Les auteurs de littérature de jeunesse, et en cela ils ne
se distinguent pas des autres écrivains, tissent de nombreux liens entre les
textes qu'ils écrivent et ceux qui constituent le contexte culturel de leur
création. C'est dire qu'on ne comprend véritablement un livre, serait-ce un
simple album, sans retrouver ces relations subtiles qui font d'une œuvre une
œuvre littéraire. Les lectures littéraires du cycle des apprentissages
fondamentaux, comme celles des autres cycles, doivent donc être choisies avec
soin et organisées en parcours qui permettent de retrouver un personnage, un
thème, un genre, un auteur, un illustrateur... Par là, et par là seulement,
l'habitude de fréquenter les livres devient progressivement une
culture.
Il importe que les
œuvres rencontrées soient nombreuses et variées. Les lectures en classe doivent
être complétées par des lectures personnelles dans la BCD ou au domicile
familial. L'emprunt à la BCD ou dans la bibliothèque de quartier doit devenir
une habitude et un besoin. Les enseignants expliquent aux parents le rôle de
médiateur qu'ils peuvent eux aussi jouer entre le livre et l'enfant. S'ils
hésitent à lire à haute voix, il leur reste possible d'explorer les
illustrations et d'engager le débat à leur propos. L'essentiel est que l'enfant
découvre qu'une œuvre peut être prise dans de multiples horizons
d'interprétations, reliée à des références culturelles variées, partagée avec
ses camarades autant qu'avec sa famille ou le maître.
Un autre moyen de rendre plus assurée la compréhension d'un
texte est d'articuler celle-ci avec un travail d'écriture. Il s'agit le plus
souvent de prolonger un texte dont seul le début a été proposé, de transformer
un épisode, de changer de personnage, de transporter le personnage principal
dans un autre univers... La littérature de jeunesse offre de très nombreux
exemples de pastiches et de détournements de ce type. L'écriture étant encore
difficile pour les élèves du cycle des apprentissages fondamentaux, il sera
nécessaire de privilégier la dictée à l'adulte ou, progressivement, l'écriture
appuyée sur des matériaux prérédigés. Le travail collectif est, dans ce cas,
préférable au travail individuel encore difficile à cet âge.
Comprendre des textes
documentaires
Les textes
informatifs peuvent faire l'objet d'un travail analogue. Eux aussi restent
difficiles d'accès en lecture autonome individuelle tout au long du cycle des
apprentissages fondamentaux. Un abord collectif et accompagné semble donc
préférable. Il est essentiel que l'ouvrage documentaire apparaisse dans sa
fonction de référence et soit l'une des étapes d'un travail de construction de
connaissances, appuyé par ailleurs sur une expérience directe de la réalité
(voir "Découvrir le monde").
Le
texte informatif peut être parcouru comme un album (il comporte de nombreuses
illustrations, des schémas, des tableaux...) et lu à haute voix par le maître.
Il doit donner lieu aux mêmes efforts de construction de la signification. Très
souvent, un documentaire est abordé pour répondre à une question précise. Il
suppose donc que l'élève se dote d'une stratégie de recherche appuyée sur les
tables des matières, les index, les titres et intertitres... Les réponses
trouvées restent le plus fréquemment difficiles à interpréter, car elles
renvoient souvent à d'autres informations qui se trouvent à d'autres endroits du
texte. L'inférence joue dans ce type de lecture un rôle certainement plus
important que dans le récit. Pour résoudre les problèmes que posent les lacunes
du texte, il convient de faire de la fréquentation des documentaires un moment
privilégié dans la construction de connaissances ordonnées plutôt qu'un acte de
lecture autonome.
La
documentation accessible de manière électronique pose d'autres types de
problèmes dans la mesure où le lien hypertexte tend à fragmenter plus encore
l'information. L'accompagnement des élèves doit y être plus important que sur
les ouvrages imprimés et l'effort de synthèse doit toujours prolonger la
recherche.
Comme pour la
littérature, l'articulation entre lecture et écriture permet d'approfondir la
compréhension des textes documentaires. L'occasion peut en être fournie par une
visite, un élevage, une expérience, la rencontre d'un témoignage... Au cycle des
apprentissages fondamentaux, le dessin reste encore le moyen privilégié de
rendre compte d'une information. Il peut être aussi le support de la mise en
ordre des idées, de l'organisation du document. Le texte arrive plutôt en
complément de cette première représentation et vient la compléter. À cet âge, le
texte documentaire reste souvent un récit. C'est là une étape normale et riche
de l'accès aux textes explicatifs.
Mieux comprendre les textes qu'on lit
La compréhension des textes lus est tributaire de la
qualité de la reconnaissance des mots. Lorsque celle-ci devient quasi
automatique, le lecteur peut traiter de manière coordonnée l'information
lexicale, l'information syntaxique, et connecter ce qu'il découvre dans le texte
avec les connaissances qu'il possède déjà, de manière à construire une
représentation assurée de ce qu'il a lu. Au fur et à mesure qu'il avance dans sa
lecture, il doit, de plus, synthétiser l'information recueillie de manière à
relier les informations nouvelles aux anciennes. Cela passe le plus souvent par
une condensation des éléments du texte déjà traités.
Au cycle des apprentissages fondamentaux, il importe donc
que l'on conduise progressivement tous les élèves à se donner des stratégies
efficaces pour comprendre les phrases successives d'un texte et leur
articulation. Deux types d'activités peuvent être envisagés : celles qui rendent
l'élève plus sensible à la fonction de la syntaxe dans la compréhension de la
phrase, celles qui lui permettent de contrôler la qualité de la compréhension
construite. En relèvent les situations dans lesquelles on demande aux élèves
d'anticiper dans une lecture la fin d'une phrase dont on a déjà lu les premiers
mots en respectant la structure syntaxique de l'énoncé (critiquer les solutions
erronées est un aspect important de cette prise de conscience) ou encore de
proposer des suites sémantiquement probables dans le contexte concerné et
évidemment de critiquer les suites improbables.
Certaines structures syntaxiques sont difficiles à
comprendre. C'est le cas, par exemple, des phrases passives que beaucoup
d'enfants comprennent comme si elles étaient des phrases actives. C'est aussi le
cas des phrases complexes comprenant des relatives ou des conjonctives.
L'interaction de l'enseignant est dans tous ces cas décisive. Il doit anticiper
la difficulté et accompagner les élèves au moment où ils la rencontrent en
mobilisant leur attention, en suggérant les points d'arrêt et en vérifiant ce
qui a été réellement compris.
Il
faut aussi que le lecteur construise des représentations successives de ce qu'il
lit et les articule entre elles. Cela suppose que l'on découpe dans le texte des
ensembles cohérents d'information et qu'on les mémorise au prix d'un important
travail de sélection et de condensation. Cela suppose aussi que l'on traite
efficacement toutes les marques qui assurent la cohésion du texte : ponctuation,
déterminants, substituts du nom (pronoms, synonymes), connecteurs, marques de
temporalité... Là encore, c'est en conduisant les élèves à redire ce qu'ils
viennent de lire dans leurs propres mots, à sélectionner les informations
importantes et à les mémoriser qu'on les conduit à mieux comprendre les textes.
C'est en attirant leur attention, en cours de lecture, sur les marques de
cohésion rencontrées et en assurant leur bonne interprétation qu'on leur permet
de s'approprier progressivement leur usage.
Comme on a pu le remarquer, l'apprentissage de la
compréhension des phrases et de la compréhension des textes suppose des
discussions soutenues, un contrôle rigoureux des tentatives par l'échange entre
apprenti lecteur et lecteur expert. La situation de lecture silencieuse et
solitaire doit donc être considérée comme l'aboutissement d'un long travail
mettant en jeu l'échange oral sur les textes lus. La lecture à haute voix, parce
qu'elle donne à entendre ce que le lecteur a lu, permet dialogue et contrôle.
Elle est le meilleur instrument de l'apprentissage.
3 - Écrire des
textes
L'écriture
et la lecture sont étroitement liées dans toutes les activités du cycle des
apprentissages fondamentaux. Toutefois, des moments spécifiques doivent être
consacrés à des activités qui conduisent les élèves à se doter, avant même la
fin du cycle, de la capacité de produire de manière autonome un texte court mais
structuré, qu'il s'agisse d'un texte narratif ou d'un texte
explicatif.
Cela n'est possible
qu'à condition de sérier les difficultés de manière à ne jamais les présenter
toutes en même temps et à exercer séparément les différentes composantes de la
production de textes. En effet, tant que les compétences de base (tracer les
lettres, gérer l'essentiel de l'orthographe) ne sont pas acquises et
automatisées, il est difficile que l'enfant puisse se consacrer pleinement aux
activités plus délicates comme la mobilisation des informations, l'organisation
du texte ou l'élaboration des énoncés. En mettant en œuvre des projets
d'écriture, ancrés dans des situations de communication véritables, il est
possible d'accentuer tour à tour telle ou telle de ces composantes pendant que
l'enseignant assume la gestion des autres.
3.1 Activités graphiques
À l'école maternelle, l'enfant a appris à maîtriser les
gestes essentiels de l'écriture. Qu'il soit droitier ou gaucher, il tient
normalement son crayon ou son stylo sans crisper la main, il sait placer sa
feuille sensiblement dans le prolongement de son avant-bras, il maîtrise les
principaux tracés et respecte les sens de rotation, afin de faciliter la
progressive mise en place d'une écriture cursive rapide et lisible. La motricité
fine qu'il déploie dans l'écriture comme dans le dessin est sous-tendue par une
aisance motrice plus générale. De nombreux enfants ne sont pas encore parvenus à
cette aisance en arrivant à l'école élémentaire. Les activités de graphisme
restent, à ce niveau aussi, un moyen efficace de développer la motricité
nécessaire au geste graphique de tous les élèves.
À l'école élémentaire, il doit se doter d'une écriture
cursive (miniscules et majuscules) sûre et lisible. Les enseignants pourront
s'appuyer sur les exemples publiés par le ministère de l'éducation nationale.
Ils ont été crées pour que l'élève s'approprie les caractéristiques graphiques
de chacune des lettres de l'alphabet et acquière une aisance dans le mouvement
qui lui permette, progressivement, d'écrire vite tout en restant parfaitement
lisible.
Le clavier de
l'ordinateur fait partie des instruments dont l'élève se sert dès l'école
maternelle. Il familiarise l'enfant avec la structure alphabétique de notre
orthographe en renforçant l'individualisation de la lettre. S'il est nécessaire
qu'il soit "découvert" très librement à l'école maternelle, dès le cycle des
apprentissages fondamentaux on peut aider l'élève dans les divers usages qu'il
en fait en lui montrant comment quelques-unes de ses fonctionnalités
dactylographiques peuvent être mobilisées plus efficacement par l'usage des deux
mains, par celui du pouce...
En
découvrant, en particulier dans le domaine des arts visuels, d'autres écritures
ou d'autres gestes graphiques, il est possible d'articuler les usages
instrumentaux de l'écriture avec ses usages esthétiques. Des projets d'édition
manuscrite des textes rédigés permettent d'explorer les multiples visages de la
calligraphie. Il en est de même avec les polices d'imprimerie des logiciels de
traitement de texte lorsque l'on vise une édition électronique ou une édition
imprimée.
3.2 Problèmes de
l'orthographe
L'objectif du
cycle des apprentissages fondamentaux est de conduire tous les élèves à une
orthographe phonétique sûre, à la capacité de marquer l'accord entre le sujet et
le verbe dans toutes les situations régulières, au contrôle des accords de genre
et de nombre dans le groupe nominal (dans la proximité du déterminant). La forme
orthographique des mots les plus fréquents, mêmes irréguliers, doit être aussi
acquise (c'est particulièrement le cas des mots outils).
Ces compétences sont relativement différentes et
supposent des situations d'apprentissage spécifiques (la dictée ne peut tout
régler). En ce qui concerne l'orthographe lexicale, il faut distinguer nettement
la capacité de copier sans faute un mot (c'est-à-dire d'aller le chercher dans
un répertoire pour le réutiliser) et la capacité d'écrire sans aide un mot dont
on n'est pas encore sûr d'avoir tout à fait fixé la forme orthographique. En
situation de production de texte, il est décisif que l'élève puisse choisir
entre les deux procédures et s'appuyer soit sur ses acquis définitifs, soit sur
un répertoire. Il faut, en quelque sorte, le conduire à avoir une conscience
claire de ce qu'il ne sait pas. Il est tout aussi important qu'il se pose des
"problèmes d'orthographe" et qu'il réfléchisse à haute voix sur la manière dont
on peut orthographier un mot. Les interactions de l'enseignant sont, dans ce
cas, importantes. Elles doivent exiger la rigueur dans l'analyse phonologique du
mot et permettre à l'élève de constituer ses premiers repères et ses premières
règles de choix entre les différentes écritures possibles d'un même son. Le
travail effectué sur la construction du lexique (dérivations) doit être
réutilisé dès les premiers exercices d'écriture (par exemple, pour retrouver les
lettres muettes).
En ce qui
concerne l'orthographe dite grammaticale, la difficulté réside moins dans la
mémorisation des règles que dans la sollicitation de l'attention. Il est
important que l'élève découvre rapidement que l'apparition d'un mot comme "les"
ou "des" dans l'énoncé doit immédiatement conduire à un examen attentif des mots
qui le suivent. Les différents signaux susceptibles de déclencher des accords
doivent être repérés, faire l'objet d'affichages spécifiques dans la classe et
sans cesse révisés. Dans le groupe nominal, les élèves ont en général, en fin de
cycle 2, la capacité de marquer l'accord sur le premier mot qui suit le
déterminant pluriel. Ils le font plus difficilement sur le second. L'accord du
verbe avec le sujet devient très difficile lorsqu'on ne l'entend pas comme dans
les verbes du premier groupe. Ces compétences orthographiques ne s'acquièrent
véritablement que lorsqu'elles s'automatisent. C'est dans cette perspective
qu'il faut les travailler.
La
révision orthographique des textes reste très difficile pour les élèves du cycle
2. On peut toutefois les introduire à cette pratique très importante en repérant
d'abord les points du texte sur lesquels il y a eu des erreurs et en les amenant
à évoquer à haute voix et à discuter les solutions possibles.
D'une manière générale, on choisira de ne pas
travailler les problèmes d'orthographe au moment où l'effort de l'enfant se
concentre sur l'activité rédactionnelle proprement dite. On peut, par contre,
soutenir l'attention orthographique dans l'écriture spontanée lorsque l'effort
de conception et de mise en mots est moins grand (légende d'un dessin, texte
très court, copie différée...).
3.3 Mobilisation des connaissances et organisation des textes
Plus encore qu'organiser
les parties successives d'un texte, c'est la mobilisation des connaissances
nécessaires pour le rédiger qui présente pour l'élève de cycle 2 le plus de
difficultés. Il sait élaborer des informations dans le cadre d'un dialogue avec
l'adulte, il a beaucoup plus de mal à le faire seul. La mobilisation des
connaissances doit donc rester une activité collective fortement soutenue par
l'enseignant. Elle suppose souvent un travail oral préalable pendant lequel on
discute des contenus possibles du projet d'écriture. L'usage du dessin (comme
instrument de mobilisation des connaissances ou des souvenirs) peut être tout
aussi efficace dans la mesure où il offre un support stable à la
discussion.
Les deux registres
susceptibles d'être travaillés au cycle 2 (texte narratif et texte explicatif)
renvoient à trois genres familiers des élèves : le compte rendu d'un événement
vécu, le récit littéraire et le documentaire. Le compte rendu peut introduire
aussi bien au récit qu'au documentaire. Son appui sur l'expérience vécue permet
d'établir avec rigueur les moments pertinents parmi les éléments mémorisés, de
les ordonner en fonction du texte que l'on veut produire. Dans chacun de ces
cas, la mobilisation des connaissances sera d'autant plus assurée qu'elle
s'appuiera sur une culture régulièrement entretenue de la littérature et du
documentaire.
L'organisation du
texte, à cet âge, peut être difficilement considérée comme l'élaboration d'un
plan préalable. On préférera les situations qui conduisent à ordonner des
fragments de texte déjà élaborés, à prévoir la suite des événements ou des
informations en s'appuyant sur des dessins ou des images les représentant... Là
encore, on peut construire très progressivement l'apprentissage en abordant ces
problèmes par le biais de tentatives de modifications réglées de textes déjà
écrits comme le pastiche ou la transformation d'un épisode.
3.4 Mise en mots
Au cycle des apprentissages fondamentaux, la
mise en mots des textes produits passe encore de manière privilégiée par la
dictée à l'adulte ou l'emprunt de fragments copiés dans des répertoires.
Toutefois, les élèves doivent aussi s'initier à l'écriture autonome de textes
dont tous les éléments constitutifs ont été évoqués et organisés au préalable.
Dans cet effort pour construire des phrases, trouver les mots, gérer leurs
relations, marquer leur orthographe, se constitue une nouvelle relation au
langage. Là encore, il importe que l'enseignant soit particulièrement présent et
qu'il accompagne l'effort singulier de chaque élève en signalant les difficultés
non perçues, en donnant les informations qui manquent, en suggérant une solution
pour un problème de syntaxe ou un problème d'orthographe...
On peut considérer que, à la fin du cycle 2,
chaque enfant, après une préparation rigoureuse, doit pouvoir écrire un texte
d'une dizaine de lignes (texte narratif ou texte explicatif) en gérant
correctement les problèmes de syntaxe et de lexique.
3.5 Édition des textes
Un projet d'écriture se termine, le plus souvent, par
l'édition manuscrite ou imprimée du texte, qu'il soit collectif ou individuel.
C'est un aspect important de la production de textes qui ne peut être négligé.
On s'assurera, en particulier, que les modalités d'édition soient en accord avec
le public lecteur visé. La liaison avec les activités artistiques permet
d'inscrire l'écriture dans un projet d'expression et de création plus
élaboré.
4 - Évaluer les
compétences acquises
Les évaluations nationales de début de cycle 3 permettent de prendre la
mesure des résultats obtenus à l'issue de cinq, souvent six années de scolarité.
Elles offrent des repères précis dans les différents domaines de la maîtrise du
langage :
- compréhension du
langage oral, tant dans l'ordinaire de la vie scolaire (compréhension de
consignes) que lors de la confrontation avec des textes longs oralisés par le
maître (littérature de jeunesse, documentaires) ;
- maîtrise de l'identification des mots par voie directe
(cette identification doit être devenue automatique pour tous les mots fréquents
ainsi que pour les mots moins fréquents dont l'orthographe est régulière) et par
voie indirecte (déchiffrage des mots rares et des mots dont l'orthographe est
irrégulière) ;
- compréhension
du langage écrit dont on peut considérer que, à cet âge, elle se limite à savoir
retrouver de manière autonome, dans un texte, des informations qui appartiennent
déjà à l'environnement culturel et aux connaissances de l'élève (l'utilisation
de la lecture pour découvrir des connaissances neuves appartient plutôt au cycle
3) ;
- copie correcte de textes
courts ;
- écriture
orthographiquement correcte en production autonome ou en dictée préparée des
mots les plus courants, respect de l'accord sujet verbe et de l'accord dans le
groupe nominal (lorsqu'ils sont réguliers) ;
- production, avec l'aide de l'enseignant, de textes courts
comportant des contraintes variées ;
- utilisation assurée des principaux instruments linguistiques donnant
aux textes leur cohésion (substituts pronominaux et nominaux du nom,
connecteurs, déterminants, temps des verbes) ;
- utilisation assurée du vocabulaire courant et capacité à
comprendre des mots nouveaux dans leur contexte et en s'appuyant sur quelques
phénomènes de dérivation.
L'existence d'une évaluation nationale n'exonère pas les enseignants du
cycle des apprentissages fondamentaux d'organiser des évaluations en cours
d'apprentissage, susceptibles d'attirer l'attention sur les difficultés que
peuvent rencontrer certains élèves au moment même où elles se présentent. Elles
sont un moyen de contrôler, en continu, la pertinence de la programmation des
activités et des enseignements proposés, en particulier au début d'une séquence
didactique ou d'une nouvelle phase d'apprentissage (début de cours
préparatoire), puis chaque fois qu'une étape est franchie. De nombreux
instruments d'évaluation sont mis à la disposition des enseignants par la
direction de la programmation et du développement.
|
Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
VIVRE
ENSEMBLE
OBJECTIFS
L'école
maternelle centre ses efforts sur la délicate articulation entre construction de
la personne et acceptation du caractère collectif de la vie scolaire. Le cycle
3, à l'école élémentaire, vise à une prise de conscience des valeurs sans
lesquelles les différentes collectivités dans lesquelles s'inscrit la vie
quotidienne de l'enfant ne sauraient avoir de signification. Le cycle 2, parce
qu'il scolarise des élèves qui commencent à peine à pouvoir accepter un autre
point de vue que le leur sur leurs actions, constitue une transition importante
entre ces deux étapes.
Il
appartient aux enseignants qui en ont la responsabilité de structurer la vie
collective en explicitant, plus encore qu'à l'école maternelle, les règles qui
permettent son déroulement harmonieux. Les élèves commencent à accepter de
considérer leurs actions du point de vue de leurs camarades, sinon du point de
vue général. Ils découvrent que les contraintes de la vie collective sont les
garants de leur liberté, que la sanction, lorsqu'elle intervient, ne relève pas
de l'arbitraire de l'adulte mais de l'application de règles librement acceptées.
Ils apprennent à refuser la violence, à maîtriser les conflits et à débattre des
problèmes rencontrés en tenant leur place dans les réunions de régulation qui
sont inscrites à l'emploi du temps.
Au cycle 2, il est encore prématuré de parler d' "Éducation civique" dans
la mesure où les disciplines qui lui servent d'appui - l'histoire, la
géographie, les sciences expérimentales - ne sont pas encore constituées.
Toutefois, l'accès progressif à la lecture et à l'écriture, l'ouverture plus
grande vers le monde extérieur permettent aux élèves de mieux comprendre ce
qu'est la vie collective et d'approfondir la signification des contraintes
qu'elle impose : s'approprier les règles du groupe, dialoguer avec les camarades
et les adultes, écouter l'autre et accepter de ne pas être entendu tout de
suite, coopérer. En attendant, pour ces premières années de l'école élémentaire,
le programme reste volontairement modeste quant aux connaissances à acquérir et
devra toujours être conduit en relation avec les activités des autres
domaines.
PROGRAMME
1
- Continuer à construire sa personnalité au sein de la communauté
scolaire
L'enfant prend
de plus en plus conscience de son appartenance à une communauté qui implique
l'adhésion à des valeurs partagées, à des règles de vie, à des rapports
d'échanges. D'un côté, la perception de principes supérieurs que l'on ne discute
pas, normalement imposés, conditions de la liberté et du développement de
chacun. De l'autre, la libre organisation d'un groupe et ce que, modestement, on
peut déjà appeler l'élaboration d'un contrat, après discussion, négociation,
compromis.
Le règlement
intérieur doit être présenté dès la première rentrée à l'école élémentaire. Dès
que cela lui paraît possible, le maître fait élaborer collectivement les règles
de vie de la classe. Il fait découvrir les conditions de réussite d'un débat
(voir "Maîtrise du langage") et fait accepter la discipline que chacun doit
s'imposer. Une heure par quinzaine doit y être consacrée afin de montrer le
sérieux et l'importance de cette démarche.
Au cours du cycle 2, l'enfant voit son sens de la
responsabilité s'affirmer. Il construit sa personnalité autour de la recherche
d'un équilibre entre ce qu'il doit faire, ce qu'il peut faire et ce qui lui est
interdit de faire. Toutes les situations vécues à travers les apprentissages
fondamentaux ont aussi pour objectif de développer une attitude
responsable.
2 - Se
construire comme sujet et comprendre sa place dans le groupe à travers les
apprentissages fondamentaux
La conquête de la lecture et de l'écriture relance le
questionnement sur le monde qui entoure l'enfant comme sur lui-même et conduit à
la recherche de connaissances nouvelles, y compris en dehors du temps scolaire.
En effet, lire c'est s'approprier et enrichir son univers personnel, aller à la
rencontre de l'inconnu, pouvoir partager avec les autres des découvertes sans
cesse renouvelées.
En commençant
à apprendre une langue nouvelle et la culture qu'elle exprime, l'élève du cycle
2 aborde une manière différente de penser et de vivre, il s'éduque à l'altérité.
La langue régionale permet de mieux appréhender l'originalité de sa région et
son passé ; la langue étrangère élargit ses connaissances du monde et son
approche de l'autre.
Se
soumettre au raisonnement mathématique et aux résultats de l'expérimentation
fait découvrir la rigueur et la modestie. Participer à une chorale, faire partie
d'une équipe de jeux collectifs, conduit à se soumettre à des règles et à agir
en commun autour d'un projet.
Des connaissances plus systématiques et mieux structurées justifient des
règles d'hygiène et de sécurité personnelles et collectives ; elles confortent
une éducation à la santé raisonnée. L'enfant y avait déjà été sensibilisé à
l'école maternelle. Il peut à l'école élémentaire commencer à comprendre les
raisons des recommandations qui lui avaient été faites et des habitudes qu'il
avait prises. Une information sur l'enfance maltraitée est organisée chaque
année.
3 - Dépasser
l'horizon de l'école
L'école maternelle a déjà offert de nombreuses occasions de sortir de
l'école et de s'ouvrir au monde. À l'école élémentaire, la multiplicité des
domaines de connaissances abordés, de la première éducation littéraire ou
artistique à la découverte du monde, permet d'amplifier cette ouverture et de la
structurer.
La rue, le quartier,
la commune sont des transitions normales avec des espaces plus lointains.
L'élève y découvre d'autres acteurs de la société qui jouent un rôle important
dans sa vie quotidienne : agents de circulation, chauffeurs de bus,
bibliothécaires, éducateurs sportifs, médiateurs culturels... Hommes et femmes
occupent aujourd'hui également ces fonctions, ce qui n'a pas toujours été le cas
dans le passé. Ils méritent respect et obéissance. Partout, des règles sont
nécessaires. L'élève ne doit pas y voir des contraintes mais, au contraire, un
moyen d'assurer la liberté, le bien-être et la sauvegarde de
tous.
Une attention particulière
doit être apportée aux premières règles de sécurité routière, non pas sous forme
de connaissances abstraites, mais à partir de situations quotidiennes vécues par
les enfants à la sortie de l'école ou pendant les trajets scolaires. Leur
aptitude croissante à lire, écrire et compter permet de lier cette éducation aux
apprentissages fondamentaux. Le respect de l'environnement et du cadre de vie ne
se limite pas à la classe et à l'école, mais s'étend à ces espaces publics qui
sont le bien commun de tous.
Au-delà, l'élève prend progressivement conscience de son appartenance à
une communauté nationale à partir de l'écoute de quelques récits historiques et
littéraires lus par le maître et en découvrant l'inscription de la France dans
un espace géographique. L'enseignant lui explique la signification des grands
symboles de la France et de la République : l'hymne national, le drapeau,
quelques monuments...
Le
programme du domaine "Découvrir le monde" comme l'apprentissage de langues
étrangères ou régionales et l'éducation littéraire et artistique offrent les
bases d'un élargissement des repères culturels, d'abord dans l'espace et, dans
une moindre mesure, dans le temps. La lecture de textes, l'observation d'images,
le recours à la toile et à la correspondance électronique permettent aux maîtres
de montrer à la fois la richesse et la diversité des cultures du monde et
l'unité de l'humanité, conduisant à de premières formes de solidarités qui
dépassent l'horizon étroit du groupe.
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Compétences devant être acquises en fin de cycle
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MATHÉMATIQUES
OBJECTIFS
En proposant une étude structurée des nombres, des formes, des grandeurs
et de leur mesure, le cycle 2 marque l'entrée véritable des élèves dans
l'univers des mathématiques. La compréhension des nombres, notamment de leur
écriture chiffrée (numération décimale), et le calcul mental sous toutes ses
formes (résultats mémorisés, calcul réfléchi) constituent des objectifs
prioritaires. La maîtrise des relations spatiales est confortée en même temps
que sont précisées quelques propriétés géométriques qui permettent d'aller
au-delà de la simple reconnaissance perceptive des objets. Le travail sur les
grandeurs se trouve enrichi par la possibilité d'en exprimer la mesure à l'aide
des nombres. La connaissance de la monnaie (en euros) est assurée par son
utilisation dans les activités relatives à la numération et au
calcul.
L'ensemble de ces
apprentissages prend appui sur les expériences conduites à l'école maternelle et
sur les acquis auxquels elles ont donné lieu.
Élaborées comme réponses efficaces à des problèmes, les
premières notions mathématiques sont identifiées, puis étudiées dans le but
d'être utilisables pour résoudre de nouveaux problèmes.
Dès le cycle 2, les élèves doivent prendre
conscience du fait que résoudre un problème ne revient pas à trouver, tout de
suite, les calculs à effectuer pour répondre à la question posée. Une
élaboration est, en général, nécessaire, faite d'étapes ou d'essais plus ou
moins organisés. Un même problème, suivant le moment où on le propose, suivant
les connaissances des élèves à qui on le destine et suivant la gestion qui en
est faite, peut être résolu par élaboration de procédures personnelles ou, plus
tard, par reconnaissance et utilisation d'une procédure experte appropriée. Dans
certains cas, la résolution des problèmes est organisée par l'enseignant pour, à
partir des solutions personnelles élaborées par les élèves, déboucher sur une
nouvelle connaissance (notion ou procédure).
L'entraînement, nécessaire pour fixer certains savoir-faire
essentiels et les rendre plus facilement disponibles, ne doit pas occulter la
phase, parfois longue, au cours de laquelle les connaissances sont élaborées par
les élèves, puis progressivement précisées et structurées. Afin d'éviter les
difficultés rencontrées par les élèves du cycle 2 pour se représenter des
situations décrites dans un texte, les questions peuvent être posées dans le
cadre de jeux ou d'expériences effectivement réalisées avec des objets. Les
exercices sur fiches ne doivent pas se substituer à ce travail primordial avec
du matériel. Il convient cependant de garder à l'esprit que ce n'est pas la
manipulation elle-même qui constitue l'activité mathématique, mais les questions
qu'elle suggère et l'activité intellectuelle que doivent développer les élèves
pour y répondre lorsque le matériel n'est plus disponible. Dans cet esprit, on
privilégie les problèmes où les élèves sont placés en situation d'anticiper une
réponse qu'ils pourront ensuite vérifier expérimentalement.
Les capacités à chercher, abstraire, raisonner
et expliquer se développent aussi bien dans les moments de travail individuel ou
en petits groupes que dans les phases d'échange et de confrontation qui
permettent de mettre en valeur la diversité des méthodes utilisées pour résoudre
un même problème.
Le travail de
recherche sur des situations réelles et la réflexion collective à laquelle il
donne lieu imposent un usage privilégié de la langue orale. Au cycle 2, l'usage
des mots précède celui des symboles mathématiques : ils sont à la fois plus
proches du langage des élèves et plus à même d'exprimer le sens des notions. La
mise en place nécessaire d'un langage élaboré et du symbolisme conventionnel,
spécifique aux mathématiques, doit être réalisée avec prudence, à mesure qu'elle
prend sens pour les élèves dont elle ne doit pas freiner l'expression spontanée.
L'appui sur l'écriture est évidemment indispensable, en particulier dans les
phases de recherche. Au cycle 2, les écrits de recherche servent également
souvent de support aux échanges collectifs au cours desquels les élèves trouvent
une occasion de s'initier à l'argumentation et à ses exigences (écoute des
autres, contrôle par autrui de ce qui est avancé, recours à une expérience pour
trancher entre deux propositions...). En fin de cycle, la rédaction de textes
plus élaborés rendant compte de la démarche de résolution fait l'objet d'un
travail collectif.
L'évaluation
des progrès des élèves et de leurs difficultés ne se limite pas aux bilans
réalisés au terme d'une période d'apprentissage. Outil de régulation du
processus d'enseignement, elle est, au contraire, intégrée aux dispositifs
d'enseignement, à travers la prise d'indices sur les productions des élèves et
l'analyse de leurs erreurs.
Le
document d'application précise et développe, pour chaque contenu, les
compétences élaborées au cours du cycle, apporte un éclairage sur les modalités
d'apprentissage et donne des pistes d'activités pédagogiques. Il constitue un
complément indispensable pour la mise en œuvre du présent
programme.
PROGRAMME
1
- Exploitation de données numériques
Au cycle 2, les élèves acquièrent le sens des nombres et
des opérations à travers la résolution de quelques grandes catégories de
problèmes :
- exprimer et garder
en mémoire une quantité, une position dans une liste rangée, le résultat d'un
mesurage ;
- comparer des
quantités ou des grandeurs, notamment lorsque les collections ou les objets sont
matériellement éloignés l'un de l'autre ;
- prévoir quel sera le résultat d'actions sur des
quantités, des positions ou des grandeurs (augmentation, diminution, réunion,
partage, déplacement...).
Ces
problèmes peuvent porter sur des quantités d'objets, sur des positions, puis sur
des longueurs ou des masses. Ils peuvent être résolus par l'élaboration de
procédures personnelles, et, pour certains d'entre eux (précisés dans la liste
des compétences devant être acquises en fin de cycle), par le recours à des
procédures expertes.
Les
procédures personnelles que les élèves peuvent utiliser pour résoudre un
problème sont extrêmement variées : elles peuvent s'appuyer sur un dessin ou un
schéma imaginé par l'élève, utiliser le dénombrement, le comptage en avant ou en
arrière, des essais additifs, soustractifs ou multiplicatifs... L'utilisation du
calcul réfléchi (mental ou aidé d'un écrit) est ici privilégiée. Dans certains
problèmes, l'utilisation de calculatrices permet aux élèves d'avoir recours à
des calculs qu'ils ne pourraient pas mener à bien sans cela.
Au cours du cycle les élèves recourent de plus
en plus fréquemment à des procédures expertes pour résoudre certains problèmes.
La reconnaissance des opérations appropriées (addition, soustraction,
multiplication) devient alors plus rapide. Auparavant, la plupart de ces
problèmes ont été résolus par des procédures personnelles, avant même que les
écritures du type a + b, a b et a * b n'aient été introduites. Au cours de
cette première étape, le langage oral et les termes du langage courant ("et",
"fois"...) sont largement utilisés pour décrire les calculs
effectués.
Concernant l'addition
et la soustraction, il est souhaitable que les écritures a + b et a b
soient, dès le départ, travaillées simultanément pour éviter que l'écriture a +
b ne soit utilisée de façon automatique, car étant la seule
disponible.
2 -
Connaissance des nombres entiers naturels
Avant d'arriver au cycle 2, les élèves ont déjà
acquis certaines compétences dans l'utilisation des nombres. Celles-ci doivent
être prises en compte et stabilisées : maîtrise de la comptine orale,
utilisation du dénombrement, mise en relation des nombres dits et de leur
écriture chiffrée.
Sur la base
des acquis de l'école maternelle, dès le début du cycle 2, les activités peuvent
se situer dans un domaine numérique relativement étendu (jusqu'à 20 ou 30), sans
que cela nécessite une maîtrise complète des écritures chiffrées. Dans une
première étape, les élèves prennent conscience du fait que les nombres
permettent de résoudre certains problèmes (voir rubrique précédente). Puis,
progressivement, ils construisent leurs premières connaissances relatives à la
numération décimale dont une bonne maîtrise est décisive pour l'apprentissage du
calcul. La capacité à connaître la valeur d'un chiffre en fonction de sa
position dans l'écriture d'un nombre constitue un objectif essentiel. Le
vocabulaire (dizaine, centaine) est toujours explicité par des expressions du
type "paquet de dix, paquet de cent", plus accessibles aux
élèves.
Une première
structuration du domaine numérique doit être construite au cycle 2. D'une part,
les élèves construisent leurs premières connaissances sur la comparaison des
nombres, en appui à la fois sur leur aspect cardinal (4 c'est moins que 7) et
sur leur aspect ordinal (4 est situé avant 7 dans la suite des nombres). D'autre
part, ils élaborent les premières relations additives et multiplicatives entre
des nombres d'usage courant, au travers des activités de calcul
mental.
Le recours à la monnaie
(en euros) comme support d'activités, notamment pour la pratique d'échanges,
favorise à la fois un travail sur la compréhension de la numération et la
connaissance des pièces et billets en usage.
Les connaissances sur les nombres entiers naturels
(inférieurs à mille) concernent :
- le dénombrement des éléments d'une collection, en particulier par
recours à des groupements ou des échanges par dizaines ou par centaines
;
- la numération décimale :
valeur des chiffres en fonction de leur position, suite des nombres
;
- la mise en relation des
désignations écrites (en chiffres et en lettres) et parlées des nombres
;
- l'ordre sur les nombres :
comparaison, rangement ;
- les
relations arithmétiques entre les nombres : doubles et moitiés de nombres
d'usage courant...
3 -
Calcul
La
diffusion massive et maintenant banalisée de nouveaux outils de calcul conduit à
repenser, dès le cycle 2, la place accordée aux différents moyens de calcul et
les objectifs assignés à leur enseignement. Le calcul mental (mémorisation de
résultats, calcul réfléchi) constitue l'enjeu principal. Les techniques
opératoires usuelles ne sont pas abandonnées, mais leur mise en place est
envisagée lorsque les élèves disposent des connaissances qui permettent d'en
comprendre le fonctionnement. Pour certaines activités, les calculatrices sont
également mises à disposition des élèves. Elles sont utilisées comme moyen de
calcul, en particulier dans le cadre de la résolution de problèmes, par exemple
lorsque l'élève a déterminé les calculs nécessaires, mais n'est pas capable de
les exécuter assez rapidement et avec une bonne fiabilité, et qu'il risque donc
de perdre le fil de sa réflexion..
C'est au cycle 2 que les élèves élaborent les bases du calcul mental, en
particulier dans le domaine additif. Les compétences correspondantes doivent
donc être développées en priorité, notamment à travers le calcul réfléchi.
L'appropriation progressive de résultats mémorisés et l'élaboration de
procédures s'appuient souvent en ce domaine sur les caractéristiques des
désignations orales des nombres, ce qui implique qu'on ne s'en tienne pas aux
seuls exercices écrits. Les procédures utilisées doivent être explicitées et
faire l'objet d'échanges entre les élèves. C'est l'occasion d'insister sur la
diversité des procédures utilisables pour traiter un même
calcul.
La mémorisation ou la
reconstruction très rapide des résultats des tables d'addition (de 1 à 9) et
leur utilisation pour fournir des compléments et des différences nécessitent un
long apprentissage qui n'est d'ailleurs pas toujours terminé à la fin du cycle
2. Pour cet apprentissage, l'entraînement et la répétition, pour indispensables
qu'ils soient, ne suffisent pas. Par ailleurs, si un résultat a été oublié, il
doit pouvoir être reconstruit. Dans cette perspective, au départ, la plupart des
résultats sont élaborés par les élèves, en s'appuyant sur le sens de l'addition
et de la soustraction, puis, de plus en plus fréquemment, sur des résultats
connus. La mise en place de "points d'appui" constitue un objectif important :
utilisation des doubles, de la commutativité de l'addition ("3 + 8 c'est comme 8
+ 3"), des compléments à 10... Des compétences bien assurées dans ce domaine
constituent un atout essentiel, aussi bien pour une bonne structuration du
domaine numérique que pour libérer la réflexion de l'élève lors des résolutions
de problèmes.
Dès le cycle 2,
les élèves sont confrontés à des calculs additifs, soustractifs ou
multiplicatifs. Dans un premier temps, ceux-ci sont traités par des procédures
de calcul réfléchi, élaborées par les élèves qui utilisent leurs connaissances
en numération et en calcul mental et donc sans imposer de méthode particulière.
Seule la technique opératoire de l'addition (posée en colonnes) est exigée à la
fin du cycle 2.
Le contexte de
la monnaie est favorable à l'entraînement du calcul sur des nombres comme 1, 2,
5, 10, 20, 50 et 100.
Les
connaissances dans le domaine du calcul concernent :
- les tables d'addition : construction, utilisation,
mémorisation ;
- les compléments
à la dizaine immédiatement supérieure ;
- les tables de multiplication : construction, utilisation, début de
mémorisation ; multiplication par dix ;
- la technique opératoire de l'addition ;
- le calcul réfléchi : organisation et traitement de
calculs additifs, soustractifs et multiplicatifs, mentalement ou avec l'aide de
l'écrit ;
- l'utilisation de
calculatrices.
4 - Espace
et géométrie
La
structuration de l'espace, amorcée à l'école maternelle, doit être développée
tout au long de la scolarité. Elle doit retenir toute l'attention des
enseignants du cycle 2 et constituer un objet de préoccupation permanent en
liaison avec d'autres disciplines comme l'EPS ou la géographie.
Au cycle 2, dans la plupart des problèmes de
géométrie, les élèves appréhendent d'abord des propriétés de façon perceptive,
puis sont amenés à utiliser des instruments pour vérifier les hypothèses émises.
Par exemple, pour tracer un carré en choisissant quatre points parmi un ensemble
de points donnés, les élèves, au début du cycle, tracent simplement ce qu'ils
pensent être un carré, alors qu'en fin de cycle ils vérifient, avec les outils
appropriés, que le tracé satisfait aux propriétés du carré (par exemple :
longueur des côtés et angles droits). Il s'agit de relier peu à peu des
propriétés, un vocabulaire spécifique et l'utilisation d'instruments.
L'essentiel du travail consiste à aider les élèves à identifier des propriétés
au travers de la résolution de problèmes portant sur des objets réels, des
solides, des figures simples ou des assemblages de solides ou de figures :
activités de reproduction, de classement, "jeux du portrait". Leur mise en
évidence suppose l'utilisation de techniques variées (utilisation du papier
calque, pliage, découpage...) et une familiarisation avec quelques instruments
(règle, gabarit d'angle droit, gabarit pour reporter une longueur, gabarits de
carrés, de rectangles...). L'observation passive de figures ou l'apprentissage
de définitions ne peuvent pas se substituer à ce travail
nécessaire.
Les connaissances
relatives à l'espace et à la géométrie concernent :
- les positions relatives d'objets (par rapport à soi, à
autrui, ou d'objets entre eux), la description de déplacements ;
- l'utilisation de maquettes et de plans
;
- le repérage de cases ou de
nœuds sur un quadrillage ;
- les
relations et propriétés géométriques : alignement, angle droit, axe de symétrie,
égalité de longueurs ;
-
l'utilisation d'instruments (gabarits de longueurs, d'angle droit, règle) et de
techniques (pliage, calque, papier quadrillé) ;
- les solides (cube, pavé droit) : reconnaissance,
reproduction, description ;
-
les figures planes (triangle, carré, rectangle, cercle) : reconnaissance,
reproduction, description ;
- le
vocabulaire relatif aux positions relatives dans l'espace et aux propriétés des
solides et des figures planes.
5 - Grandeurs et mesure
Au cycle 2, sur la base des premières expériences fournies
par l'école maternelle, les élèves étudient les notions de longueur et de masse.
Ils commencent à appréhender la notion de volume par le biais de la contenance
de certains récipients. Ils apprennent à repérer le temps et commencent à
distinguer dates et durées, grâce aux calendriers et aux
montres.
Les concepts de
grandeur et de mesure prennent du sens à travers des problèmes liés à des
situations vécues par les enfants : comparaison directe ou indirecte d'objets
(relativement à une grandeur : longueur, masse, contenance), mesurage à l'aide
d'un étalon. C'est l'occasion de renforcer et de relier entre elles les
connaissances numériques et géométriques, ainsi que celles acquises dans le
domaine "Découvrir le monde".
Les objets mesurés doivent être de nature et de dimensions variées, le
choix de l'instrument approprié constituant un objectif important. Les
instruments utilisés peuvent être soit "inventés" pour répondre aux problèmes
posés (par exemple, recours à la ficelle pour obtenir la longueur d'un objet
courbe...), soit être des instruments usuels : mètre ruban ou mètre de
couturière, double décimètre, balance et masses marquées.
Les connaissances relatives aux grandeurs et à
leur mesure concernent :
-
l'identification de quelques grandeurs (longueur, masse, contenance, durée) :
comparaison d'objets,
- la
mesure de ces grandeurs et l'utilisation d'instruments : règles graduées,
balance Roberval ou à lecture directe, calendrier, horloge,
etc.,
- les unités usuelles (m
et cm, g et kg, L, h et min), le choix de l'unité la plus adaptée pour effectuer
un mesurage.
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
DÉCOUVRIR LE
MONDE
OBJECTIFS
À l'école
maternelle, l'élève a acquis les premiers rudiments d'une pensée rationnelle en
reliant les causes aux effets dans quelques activités choisies, encadrées par
l'enseignant. Au cycle des apprentissages fondamentaux, il consolide ses
capacités de raisonnement en les appliquant à un champ plus étendu
d'expériences.
L'enseignant aide
ses élèves à donner une première cohérence aux connaissances qu'ils
construisent. Ils prennent ainsi conscience de la permanence de la matière, des
critères distinctifs du vivant et du non-vivant. Ils apprennent l'utilisation
raisonnée d'objets techniques. L'espace et le temps deviennent des cadres
homogènes et explicites dans lesquels ces connaissances peuvent être
situées.
Sous la conduite du
maître, les élèves apprennent à identifier, au-delà de leur expérience
immédiate, des espaces nouveaux et de plus en plus éloignés ; ils prennent
conscience de l'existence d'autres époques ; ils découvrent d'autres phénomènes
du monde de la matière et du vivant. Ils apprennent à se questionner, à agir de
manière réfléchie. Ils manipulent, construisent, observent, comparent, classent,
expérimentent. Ils dépassent leurs représentations initiales en prenant
l'habitude de les confronter au réel.
Ainsi, ils appréhendent le milieu dans lequel ils vivent et les matériaux
qui sont disponibles autour d'eux. Ils s'interrogent et développent leur sens
pratique. Le maître leur permet de structurer leur réflexion et leur action au
cours de quelques projets de construction ou de fabrication élémentaire,
développant leur goût de l'innovation et leur sens de
l'invention.
La diversité des
réalités humaines dans l'espace et plus encore dans le temps peut déjà être
perçue, mais elle ne devient que difficilement objet d'une connaissance
formalisée et organisée. À cette étape intermédiaire, la littérature et les arts
visuels restent les moyens les plus efficaces de les appréhender. En
contrepartie, leur rencontre contribue à l'éducation du regard et de la
sensibilité.
Les activités du
domaine "Découvrir le monde" soutiennent de nombreux apprentissages
transversaux. Elles sont l'occasion, pour les élèves, de confronter leurs idées
dans des discussions collectives, de chercher des réponses à leurs questions à
la fois sur le réel et dans des documents imprimés ou numérisés, de s'initier à
un usage particulier de l'écriture : notation rapide, établissement de listes,
voire de tableaux, élaboration avec l'aide du maître d'un écrit documentaire
(voir "Maîtrise du langage").
Comme dans les autres cycles de l'école, la démarche s'articule autour
d'un questionnement guidé par le maître et conduit à des investigations menées
par les élèves. Issue d'un questionnement provenant le plus souvent de
l'observation de l'environnement quotidien, l'investigation menée n'est pas
conduite uniquement pour elle-même, elle débouche sur des savoir-faire et des
connaissances.
PROGRAMME
1
- De l'espace familier aux espaces lointains
À l'école maternelle, l'élève a pris conscience de l'espace
familier qui l'entoure. Au cours du cycle des apprentissages fondamentaux, il
apprend à le représenter (en relation avec le travail du dessin). Il découvre
d'autres espaces de plus en plus lointains, de la ville ou de la campagne
voisine jusqu'aux paysages plus inhabituels pour lui.
Sur un globe terrestre ou sur une carte et avec l'aide du
maître, les élèves apprennent à repérer leur région, la France, l'Europe, les
autres continents, quelques grands ensembles géographiques.
De même, à partir d'albums, de photographies, de
films et d'images numériques, ils décrivent la diversité des milieux et des
modes de vie (habitat, nourriture, vêtement, moyens de transport, formes de
végétation et de vie animale), en mettant en valeur ressemblances et
différences. Le maître leur fait découvrir quelques facteurs de différenciation
naturels et humains comme l'influence du relief, du climat et des saisons, ou
l'état du développement des sociétés.
Des lectures adaptées à leur âge et l'approche d'œuvres artistiques
offrent l'occasion d'enrichir leurs références culturelles dans les domaines
concernés. Dans toutes les activités, à l'oral comme à l'écrit, l'enseignant
continue à développer et à structurer, comme à l'école maternelle (voir le
domaine "Le langage au cœur des apprentissages", dans les programmes de l'école
maternelle,§ 3.3), les multiples formes d'expression verbale des relations
spatiales, en particulier dans le cadre de la description.
2 - Le temps qui
passe
À cet âge,
il ne s'agit pas encore de faire de l'histoire. Dans la continuité de
l'exploration des diverses manifestations de la temporalité entamée en
maternelle, les élèves accèdent à un usage raisonné des instruments leur
permettant de structurer le temps et de mesurer les durées :
- explicitation de la programmation des
activités scolaires pendant l'année, de l'emploi du temps hebdomadaire et
quotidien ;
- présentation
quotidienne des activités de la journée et bilan du travail effectué (par
exemple, en faisant participer les élèves à la rédaction du cahier-journal)
;
- utilisation des horloges et
du calendrier.
La prise de
conscience de réalités ou d'événements du passé et du temps plus ou moins grand
qui nous en sépare constitue l'autre pôle de ces activités. Dans ce cas, elles
relèvent le plus souvent d'une pédagogie du projet :
- découverte et observation du patrimoine proche (sites ou
objets conservés dans la ville ou le village, dans le quartier, dans la famille
ou chez des amis) ;
- discussion
sur des événements du passé, élaboration d'un questionnement cohérent
;
- initiation simple à la
lecture documentaire : recherche de photographies de différentes époques,
utilisation de cartes postales d'un même lieu à des époques différentes donnant
l'occasion de repérer l'influence des hommes dans la transformation d'un paysage
;
- élaboration collective de
documents faisant la synthèse des connaissances construites au cours de la
réalisation d'un projet, sous forme manuscrite ou sous forme numérique
(réalisation d'un CD, d'une page de site sur la toile...).
Le maître prend soin de choisir des exemples
régionaux qui permettent une approche concrète et fournissent les éléments d'une
culture nécessaire à la compréhension de l'environnement des élèves. Des
ouvrages de littérature de jeunesse ou des documentaires (imprimés ou numérisés)
adaptés à l'âge des élèves leur permettent, dans ce domaine aussi, d'enrichir
leurs références culturelles.
Dans toutes les activités mettant en jeu le langage, à l'oral et à
l'écrit, l'enseignant continue à développer et à structurer, comme à l'école
maternelle (voir le domaine "Le langage au cœur des apprentissages", dans les
programmes de l'école maternelle, § 3.3), les multiples formes d'expression
verbale de la temporalité (en particulier dans le cadre du
récit).
3 - La
matière
Il
s'agit, au cycle des apprentissages fondamentaux, de poursuivre la construction
de la notion de matière rapidement abordée à l'école maternelle. La permanence
de la matière dans la diversité de ses états est, pour l'élève, une
caractéristique qu'il accepte dans certains cas particuliers, mais qui ne
constitue pas encore une propriété générale. En étendant le champ dans lequel
s'exercent ses expériences, on lui fournit les conditions pour que s'élargisse
sa compréhension de la conservation de la matière. Cette construction se
poursuit au cycle 3 en faisant intervenir plus systématiquement une observation
des états gazeux.
Il est
possible de conduire les enfants à mieux percevoir la complexité des phénomènes
mettant en jeu les transformations d'état de la matière dans quelques situations
d'observation ou dans quelques expériences :
- utilisation de thermomètres dans quelques occasions de la
vie courante ;
- l'eau dans la
vie quotidienne : glace, eau liquide, observation des processus de
solidification et de fusion, mis en relation avec des mesures de température
;
- prise de conscience de
l'existence de l'air, première manifestation d'une forme de la matière distincte
du solide et du liquide (l'étude de la matérialité de l'air et la construction
de l'état gazeux sont poursuivies au cycle 3).
4 - Le monde du vivant
Comme en maternelle, l'élève observe des
manifestations de la vie sur lui-même, sur les animaux et sur les végétaux. Au
cycle des apprentissages fondamentaux, il identifie avec plus de précision des
caractéristiques communes du vivant.
La découverte de la diversité des êtres vivants et de leurs milieux de
vie invite à chercher des critères qui permettent de les classer sommairement,
afin de parvenir à une première approche de la classification scientifique.
L'éducation à l'environnement, abordée à cette occasion, sera conduite d'une
manière plus systématique au cycle 3.
4.1 Les manifestations de la vie chez l'enfant
Il s'agit de faire prendre conscience à l'enfant
de certaines caractéristiques de son corps afin d'introduire quelques règles
d'hygiène :
- le corps de
l'enfant : les cinq sens, les mouvements (rôle du squelette et des
articulations), la croissance, les dents, l'alimentation ;
- importance des règles de vie et d'hygiène :
habitudes quotidiennes de propreté, d'alimentation, de sommeil.
4.2 Les manifestations de la vie chez les
animaux et chez les végétaux
L'objectif est ici de distinguer le vivant du non-vivant par la
découverte des grandes fonctions du vivant. On s'appuie sur l'observation
d'animaux et de végétaux de l'environnement proche, puis lointain, sur la
réalisation d'élevages et de cultures en classe ou dans un jardin d'école
:
- naissance, croissance et
reproduction (dont l'étude ne sera développée qu'au cycle 3) ;
- nutrition et régimes alimentaires (animaux)
;
- locomotion (animaux)
;
- interactions avec
l'environnement.
4.3
Diversité du vivant et diversité des milieux
L'objectif est de commencer à faire percevoir aux élèves la
diversité du vivant grâce à l'observation et au classement de différents
animaux, végétaux et milieux :
-
observation et comparaison des êtres vivants en vue d'établir des classements
;
- élaboration de quelques
critères élémentaires de classement, puis approche de la classification
scientifique ;
- après une
première sensibilisation aux problèmes de l'environnement à l'école maternelle,
l'élève prend conscience de la fragilité des équilibres observés dans les
milieux de vie.
5 - Les
objets et les matériaux
L'élève est conduit à une première réflexion sur les objets et les
matériaux au travers d'activités permettant leur observation, leur utilisation,
et mettant en jeu des constructions guidées par le maître. Quelques réalisations
techniques élémentaires permettent d'acquérir des compétences spécifiques et des
connaissances dans des domaines variés laissés au choix des enseignants. D'une
manière générale, on vise :
- la
découverte de quelques objets, de leurs usages et de leur maniement ; les règles
de sécurité qu'ils impliquent ;
- des recherches sur l'origine, l'utilisation et le devenir de quelques
objets.
Avec les objets
utilisant l'électricité, on conduit les élèves à adopter un comportement
raisonné face aux risques électriques. La réalisation d'un circuit électrique
simple (pile, lampe, interrupteur) permet de construire quelques connaissances
élémentaires.
L'analyse de
quelques pannes (mécaniques ou électriques) doit permettre la mise en relation
de la pensée logique et des comportements pratiques.
La découverte de quelques objets et de leurs usages peut
être reliée à la réalisation de maquettes et de constructions : c'est l'occasion
de mieux distinguer entre les sources d'énergie et les fonctions d'un appareil,
d'approcher les caractéristiques et les usages d'un axe, d'une
manivelle...
6 - Les
technologies de l'information et de la communication
(TIC)
Comme à
l'école maternelle, les supports multimédias ont tout à fait leur place au cycle
des apprentissages fondamentaux. Ils sont un vecteur fécond de l'information dès
lors que l'enseignant guide l'élève dans leurs usages. Certes, l'observation du
réel et l'action sur celui-ci sont prioritaires (en particulier pour des enfants
qui, à cet âge, peuvent s'enfermer dans les univers virtuels des jeux
informatiques). Toutefois, les technologies de l'information et de la
communication sont des instruments efficaces du travail intellectuel et
permettent des représentations de la réalité d'aussi grande qualité que le
document imprimé. Elles sont donc comme un complément nécessaire de
l'observation directe chaque fois qu'il faut travailler sur des documents ou
confronter les résultats obtenus aux savoirs constitués.
Avec l'aide de l'enseignant, les élèves
apprennent à utiliser les TIC de façon raisonnée. Les compétences, connaissances
et savoir-faire cités dans le Brevet informatique et internet (B2i) font partie
du programme du cycle 2. Elles doivent être acquises à la fin du cycle 3, mais,
en ce qui concerne le niveau 1, certaines compétences peuvent être validées dès
le cycle des apprentissages fondamentaux (voir le programme du cycle
3).
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
LANGUES ÉTRANGÈRES OU
RÉGIONALES
OBJECTIFS
Le cycle
des apprentissages fondamentaux, de la grande section de l'école maternelle à la
fin du CE1, crée les bases des apprentissages linguistiques. Il contribue à
faire découvrir aux élèves l'altérité et la diversité linguistique et culturelle
et vise trois objectifs prioritaires :
- développer chez l'élève les comportements indispensables pour
l'apprentissage des langues vivantes (curiosité, écoute, mémorisation, confiance
en soi dans l'utilisation d'une autre langue) et faciliter ainsi la maîtrise du
langage ;
- familiariser son
oreille à des réalités phonologiques et accentuelles d'une langue nouvelle
;
- lui faire acquérir les
premières connaissances dans cette langue.
Le cycle des apprentissages fondamentaux est la première
étape d'un parcours linguistique où l'élève est amené à acquérir des
connaissances dans au moins deux langues vivantes autres que le
français.
Toutes les activités
reliées aux langues vivantes entretiennent le plaisir qui doit nécessairement
accompagner l'acquisition d'autres modes d'expression et de communication. Elles
favorisent une attitude active et confiante dans l'utilisation d'autres langues.
Elles facilitent, par comparaison, les apprentissages de la langue française qui
caractérisent le cycle 2 : reconnaissance des unités distinctives (phonèmes)
nécessaire à l'apprentissage de la lecture, repérage des constructions
syntaxiques et première attitude réflexive face au lexique susceptibles
d'améliorer la compréhension.
La
méthodologie utilisée est adaptée aux classes concernées, en particulier en
mettant en œuvre des séances courtes mais fréquentes, liées le plus souvent à
des activités de la vie de la classe. Priorité est donnée aux réalités sonores
et aux tâches de compréhension et de reproduction. L'évaluation, effectuée par
l'enseignant de la classe, prend la forme d'une observation du comportement, des
réussites et des difficultés éventuelles de chaque élève. Elle est formulée de
façon résolument positive.
Le
volume horaire consacré à ce domaine se décompose d'une part en des séances
courtes conduites par le maître pour un total d'une heure hebdomadaire et
d'autre part en des activités prolongeant ces séances.
Les élèves découvrent que l'on parle différentes
langues dans leur environnement comme sur le territoire national. Ils sont
amenés à développer à leur égard une attitude de curiosité positive. Les élèves
dont le français n'est pas la langue maternelle peuvent, lorsque cela est
possible, bénéficier d'un soutien linguistique dans leur langue afin de tirer le
meilleur profit de leur bilinguisme. Les compétences de certains enseignants ou
d'intervenants spécialisés (médiateurs bilingues, par exemple) peuvent être
mises à profit dans cette perspective.
L'apprentissage de la langue, commencé pendant le cycle des
apprentissages fondamentaux, se poursuit jusqu'à la dernière année de l'école
élémentaire. Le choix de la langue ou des langues enseignées dans une école est
dicté par la nécessaire continuité de cet apprentissage jusqu'au collège. Il
s'inscrit donc dans la carte départementale des langues qui, elle-même, tient
compte du contexte régional et des moyens susceptibles d'être mobilisés pour
assurer cet enseignement. Outre les principales langues étrangères enseignées en
France, il peut donc s'ouvrir de manière privilégiée aux langues régionales et
aux langues frontalières concernées.
PROGRAMME
1 - Éducation de l'oreille aux réalités phonologiques et
accentuelles
L'élève est
systématiquement habitué à écouter les sonorités spécifiques d'une autre langue,
à en reconnaître, reproduire et produire les rythmes, phonèmes et
intonations.
Il est en
particulier sensibilisé aux phonèmes inconnus dans la langue française, à des
traits linguistiques non pertinents en français comme la durée dans la
réalisation des voyelles, la succession des syllabes accentuées ou non
accentuées, les rythmes...
Les
activités les mieux adaptées à cet apprentissage sont :
- la mémorisation d'énoncés, de chants et de
comptines ;
- l'imitation de
rythmes différents en accompagnant les phrases entendues ou reproduites au
tambourin ;
- la distinction
entre divers types de phrases sur la base de leurs intonations caractéristiques
(par exemple, déclaratives, interrogatives, exclamatives...) ;
- les jeux sur les sonorités de la
langue.
2 - Développement
de l'aptitude à l'écoute
Une importance toute particulière est accordée au développement chez
l'élève d'une curiosité et d'une attitude active envers des documents sonores.
Concourent à cet objectif :
-
l'audition de très brefs récits, enregistrés ou lus, dont la compréhension est
facilitée par une structure répétitive et par des illustrations explicatives
;
- le repérage, au cours d'un
récit entendu, de noms, de mots ou d'expressions connus de la classe avant
l'audition ;
- la recherche du
sens de mots inconnus en fonction d'indices fournis par le texte ou le contexte
du récit.
3 - Acquisition
d'énoncés utiles à l'expression en classe dans une langue
particulière
En
tenant compte des possibilités offertes par la vie de la classe, par les
activités ritualisées et par les divers événements de l'année scolaire
(anniversaires, fêtes...), l'élève est progressivement conduit à comprendre et à
pouvoir utiliser de façon pertinente des énoncés correspondant aux fonctions
langagières fondamentales ci-dessous (ces énoncés seront précisés pour chaque
langue).
Il est capable de
:
- parler de lui-même : donner
son nom et son âge, dire ce qu'il ressent (joie, faim, soif, fatigue, douleur)
;
- parler de son environnement
: désigner une personne ou un objet, parler du temps qu'il fait
;
- entretenir quelques
relations sociales simples : saluer, prendre congé, remercier, s'excu