CYCLE DES APPROFONDISSEMENTS - CYCLE 3
Horaires
|
DOMAINES |
CHAMPS DISCIPLINAIRES |
HORAIRE MINIMUM |
HORAIRE MAXIMUM |
HORAIRE DU DOMAINE |
|---|---|---|---|---|
|
Langue française Éducation littéraire et humaine |
4 h
30 |
5 h
30 |
12
h | |
|
Observation réfléchie de la
langue |
1 h
30 |
2
h | ||
|
1 h
30 |
2
h | |||
|
3
h |
3 h
30 | |||
|
Vie collective (débat réglé) |
0 h
30 |
0 h
30 | ||
|
5
h
2 h
30 |
5 h
30
3
h |
8
h | ||
|
3
h |
3
h | |||
|
3
h |
3
h | |||
|
DOMAINES TRANSVERSAUX |
HORAIRE |
|---|---|
|
13 h réparties
dans tous les champs disciplinaires | |
|
1 h répartie
dans tous les champs disciplinaires |
DOMAINES TRANSVERSAUX
MAÎTRISE DU
LANGAGE ET DE LA LANGUE FRANÇAISE
OBJECTIFS
La maîtrise du langage et de la langue française, dans leurs usages
scolaires, à l'oral comme à l'écrit, est l'objectif essentiel de l'école
primaire. Elle est un droit pour chaque élève et doit rester un souci permanent
de tous les enseignants du cycle 3. Elle est la base de l'accès à toutes les
connaissances, permet d'ouvrir de multiples horizons et assure à l'enfant toute
sa place de futur citoyen.
La maîtrise du
langage et de la langue française n'étant jamais définitivement atteinte, on
entend par "maîtrise du langage et de la langue française dans leurs usages
scolaires" l'ensemble des capacités qui permettent à un élève de bénéficier
pleinement des échanges oraux qui ont lieu dans la classe à propos de tous les
aspects du programme, de lire en les comprenant les textes supports de toutes
les activités pédagogiques, de se servir de l'écriture pour organiser les
connaissances requises à ce niveau, pour les mémoriser et pour manifester par
écrit ce qui en a été compris et acquis. Ces capacités ne peuvent se construire
à vide. Elles se mettent en place à l'occasion d'expériences intellectuelles et
culturelles spécifiques dans l'école, mais aussi à l'extérieur de
celle-ci.
Pendant le cycle 2, l'acquisition
de la lecture et de l'écriture constituait le versant le plus important de la
maîtrise du langage et imposait qu'on y consacre l'essentiel des activités.
Toutefois, on continuait parallèlement à développer tous les autres aspects du
langage oral dans les grands domaines d'apprentissage et à nourrir l'élève des
connaissances culturelles sans lesquelles la compréhension de ce qu'il lit
demeurerait bien trop limitée.
Au cycle 3,
aucun des différents aspects de la maîtrise du langage oral et écrit ne doit
être négligé. En particulier, le fait qu'une grande majorité des élèves soient
parvenus à une première autonomie en lecture ne doit en aucun cas conduire à
omettre d'en poursuivre l'enseignement de manière spécifique. On doit veiller à
obtenir une véritable articulation entre la compréhension de textes de plus en
plus complexes et de plus en plus variés et la reconnaissance des mots qui,
progressivement, s'automatise. Afin d'éviter toute dispersion, ce sont les
textes d'une culture scolaire, entendue dans son véritable sens de "culture
devant être obligatoirement partagée par tous les élèves avant la fin de la
scolarité primaire", qui sont privilégiés. Elle est définie par les programmes
et orientée par de larges listes d'œuvres proposées dans les documents
d'application.
L'un des dangers majeurs des
pédagogies de la lecture et de l'écriture de l'école primaire est d'isoler les
textes rencontrés (ou produits) du contexte qui est le leur et de conduire les
élèves à croire que la lecture ou l'écriture ne sont que des exercices. Un autre
danger est celui qui fait négliger les entraînements nécessaires en se
satisfaisant des résultats obtenus par les meilleurs élèves.
Afin d'éviter l'un et l'autre, l'enseignement de la lecture
et celui de l'écriture sont d'abord, au cycle 3, rattachés aux grands domaines
disciplinaires définis par le programme. On lit, on écrit de la littérature, de
l'histoire, de la géographie, des sciences, etc. Pour éviter que l'entraînement,
encore nécessaire à cet âge, ne soit négligé, chacun de ces domaines
disciplinaires comporte, dans l'horaire qui est le sien, des "ateliers" de
lecture destinés à renforcer les compétences de tous les élèves (stratégies de
compréhension, automatisation de la reconnaissance des mots). Les objectifs de
ces ateliers, bien qu'ils concernent tous les domaines disciplinaires, sont plus
particulièrement détaillés dans le programme du domaine
"Littérature".
Lorsque les évaluations
nationales de CE2 mettent en évidence que certains des enfants scolarisés dans
le cycle des approfondissements sont sortis du cycle précédent sans avoir encore
acquis toutes les compétences de base de la maîtrise du langage, ils doivent
bénéficier d'un programme personnalisé d'aide et de progrès (PPAP). Celui-ci
comporte des activités adaptées aux difficultés spécifiques de chaque élève et
s'organise dans le cadre ordinaire de la classe (par exemple, sous forme
d'ateliers mis en place pendant que les autres élèves sont en activité autonome
ou encore à l'occasion de décloisonnements offrant la possibilité de participer
à des ateliers tournants). Les élèves concernés ne doivent, en aucun cas, être
exclus des autres apprentissages prévus au programme du cycle 3 sans lesquels
ils ne pourraient comprendre véritablement ce qu'ils lisent et seraient dans
l'incapacité d'écrire des textes riches et variés.
PROGRAMME
La maîtrise du langage et de la langue française constitue l'objectif
majeur du programme de l'école élémentaire. Elle donne lieu à des contenus
spécifiques. Mais elle se construit aussi dans la transversalité de l'ensemble
des apprentissages. Ce sont les compétences visées à la fin du cycle qui
permettent d'organiser le travail : programmation des activités sur toute la
durée du cycle, structuration de chaque séquence d'apprentissage (découverte des
notions ou des savoir-faire et renforcement des acquis), évaluation des
acquis.
Ces compétences peuvent être
générales ou spécifiques. Les compétences générales concernent toutes les
activités intellectuelles mises en jeu par l'élève et toutes les formes de la
communication qui s'établissent dans la classe. Elles sont travaillées dans des
"ateliers" organisés au sein de chacun des domaines disciplinaires : pour
introduire une technique de travail plus exigeante, pour consolider une
technique qui paraît chancelante, pour conduire les élèves qui n'y sont pas
encore parvenus à s'approprier plus fermement un savoir-faire. Dans ce cas, il
ne s'agit en rien d'un travail occasionnel mais d'un apprentissage organisé et
structuré. Par exemple, prendre la parole devant la classe pour expliquer ce que
l'on a fait ne s'improvise pas. Cela suppose une technique particulière : quels
aspects du travail fait doit-on rapporter ? dans quel ordre ? de quelle manière
? en prenant appui sur quel type d'aide-mémoire ? Si l'on souhaite que cette
prise de parole soit mise au service des apprentissages, il faut construire
patiemment les savoir-faire concernés. On a des chances d'y parvenir si l'on ne
se contente pas de le faire en mathématiques ou en sciences. Il faudra donc
programmer des séquences de travail dans plusieurs domaines disciplinaires.
L'équipe de cycle doit établir une programmation qui tienne compte, pour chaque
compétence travaillée, de la hiérarchie des difficultés (se servir d'un
aide-mémoire pour prendre la parole est plus difficile que se servir d'un
aide-mémoire pour rédiger un petit texte) et de la diversité des domaines dans
lesquels la compétence est découverte, travaillée, retrouvée,
évaluée.
Les compétences spécifiques visent
d'abord à construire les connaissances et les savoir-faire du domaine
disciplinaire concerné : dire à haute voix un texte poétique qui a été lu et
travaillé, lire seul et en dehors de la classe une œuvre littéraire, trouver une
information dans une encyclopédie pour apprécier les conclusions tirées sur les
résultats d'une expérience, écrire la légende d'un document de géographie, etc.
La maîtrise du langage oral ou écrit est, dans ce cas, très fortement dépendante
du domaine disciplinaire concerné. Elle suppose moins une généralisation des
compétences travaillées qu'une particularisation de celle-ci (on ne lit pas un
énoncé de mathématiques comme un compte rendu d'expériences, même si ces deux
textes ont souvent en commun de comporter des données chiffrées). Les
compétences visées relèvent alors d'une programmation propre au champ
disciplinaire.
La maîtrise du langage est
renforcée par un programme de grammaire conçu comme un exercice de réflexion sur
le fonctionnement du français, en particulier en liaison avec la production de
textes. Le programme de littérature vient, lui aussi, soutenir l'autonomie en
lecture et en écriture des élèves. Par ailleurs, l'apprentissage d'une langue
étrangère ou régionale donne la possibilité à ceux qui n'ont pas la chance
d'être déjà plurilingues de prendre une distance par rapport à la langue
nationale et par là d'en mieux comprendre l'usage. Le débat hebdomadaire
consacré à la vie collective sert de champ d'exercice privilégié pour le débat
réglé.
|
Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
|
PARLER |
LIRE |
ÉCRIRE |
|---|---|---|
|
Éducation
civique | ||
|
- Participer à un
débat, |
- Comprendre les articles successifs des règles de vie de la classe ou de l'école et montrer qu'on les a compris en donnant les raisons qui les ont fait retenir. |
- Avec l'aide du maître, noter
les décisions prises durant
un débat, |
|
Littérature
(dire, lire, écrire) | ||
|
- Formuler dans ses propres mots
une lecture entendue, |
- Se servir des catalogues
(papiers ou informatiques) de
la BCD pour trouver un
livre, |
- Élaborer et écrire un récit
d'au moins une vingtaine de
lignes, avec ou sans support, en respectant des contraintes orthographiques, syntaxiques, lexicales et de présentation, |
|
Observation
réfléchie de la langue française (grammaire, orthographe, conjugaison,
vocabulaire) | ||
|
- Participer à l'observation collective d'un texte ou d'un fragment de texte pour mieux comprendre la manière dont la langue française y fonctionne, justifier son point de vue. |
- Retrouver à quel substantif du
texte renvoient les
différents substituts (pronoms, substituts nominaux), |
- Repérer, lors d'un projet
d'écriture, une rupture du
choix énonciatif et la corriger, |
|
Langues
étrangères ou régionales | ||
|
- Comprendre quelques énoncés
oraux simples dans une autre
langue que le
français, |
- Reconnaître des fragments de textes dans leur contexte d'usage dans une autre langue que le français |
- Écrire une courte carte
postale dans une autre langue
que le français, |
|
Histoire | ||
|
- Utiliser correctement le
lexique spécifique de
l'histoire dans les différentes situations didactiques mises en jeu, |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur l'un des
thèmes au programme, |
- Noter les informations
dégagées pendant l'examen
d'un document, |
|
Géographie | ||
|
- Utiliser le lexique spécifique
de la géographie dans les
différentes situations didactiques mises en jeu, |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur l'un des
thèmes au programme, |
- Pouvoir rédiger la légende
d'un document géographique, |
|
Mathématiques | ||
|
- Utiliser le lexique spécifique des mathématiques dans les
différentes situations
didactiques mises en jeu, |
- Lire correctement une consigne
d'exercice, un énoncé de
problème, |
- Rédiger un texte pour
communiquer la démarche et le
résultat d'une recherche individuelle ou collective, |
|
Sciences
expérimentales et technologie | ||
|
- Utiliser le lexique spécifique
des sciences dans les
différentes situations didactiques mises en jeu, |
- Lire et comprendre un ouvrage documentaire, de niveau
adapté, portant sur l'un des
thèmes au programme, |
- Prendre des notes lors d'une
observation, d'une
expérience, d'une enquête, d'une visite, |
|
Éducation
artistique | ||
|
- Utiliser le lexique spécifique
des arts visuels ou de la
musique dans les différentes situations didactiques mises en jeu, |
- Trouver et lire les documents
nécessaires à l'élaboration
d'un projet artistique, |
- Rendre compte, dans un projet
d'écriture collective, d'une
réalisation artistique (catalogue d'une exposition, programme d'un concert, guide pour la visite d'un monument, affiche...), |
|
Éducation
physique et sportive | ||
|
- Utiliser le lexique spécifique
de l'éducation physique et
sportive dans les différentes situations didactiques mises en jeu, |
- Lire une règle de jeu, une
fiche technique, et les
mettre en œuvre, |
- Rédiger une fiche technique
permettant de réaliser un jeu
(matériel nécessaire, durée,
lieu...), |
ÉDUCATION
CIVIQUE
OBJECTIFS
L'éducation civique, au cycle 3, doit permettre à chaque élève de mieux
s'intégrer à la collectivité de la classe et de l'école au moment où son
caractère et son indépendance s'affirment. Elle le conduit à réfléchir sur les
problèmes concrets posés par sa vie d'écolier et ainsi à prendre conscience de
manière plus explicite de l'articulation entre liberté personnelle, contraintes
de la vie sociale et affirmation de valeurs partagées. Par les connaissances
acquises, elle l'engage à élargir sa réflexion aux autres collectivités : la
commune, la nation, l'Europe et le monde.
L'éducation civique n'est pas, en priorité, l'acquisition d'un savoir,
mais l'apprentissage pratique d'un comportement. Ce domaine n'est donc pas lié à
un enseignement, mais à tous. Tout au long du cycle, une heure en moyenne par
semaine devra être consacrée à l'explicitation des problèmes concernant
l'éducation civique dans les différents champs disciplinaires. De plus, une
demi-heure par semaine est réservée dans l'emploi du temps à l'organisation des
débats dans lesquels la classe organise et régule la vie collective, tout en
passant progressivement de l'examen des cas singuliers à une réflexion plus
large.
PROGRAMME
1 -
Participer pleinement à la vie de son école
En continuant à apprendre à débattre avec ses camarades,
l'élève comprend tout ce que la confrontation à autrui apporte à chacun malgré
ses contraintes. Écouter l'autre est une première forme de respect et
d'acceptation de la différence.
Ce respect
de la différence, dans la mesure où il ne porte pas atteinte aux valeurs
universelles des droits de l'homme, a de multiples autres occasions de s'exercer
: lutte contre les formes quotidiennes de rejet, accueil du nouvel élève isolé,
intégration d'un enfant handicapé. Les divers champs disciplinaires le
renforcent et en montrent l'intérêt. Ainsi les sciences expérimentales font
mieux comprendre les différences entre garçons et filles, l'histoire et la
géographie ou les arts les différences culturelles. L'éducation physique oblige
à respecter le concurrent ou l'adversaire.
Si l'éducation civique ne peut se limiter, comme on le croit trop souvent
aujourd'hui, à une lutte quotidienne contre les actes de violence, l'école doit
demeurer un lieu où toute agression, même verbale, doit être impérativement
combattue. Lutter contre celle-ci suppose une action de tous les instants, qui
déborde très largement le domaine de l'éducation civique (littérature, sciences,
arts, éducation physique et sportive...). Une attention toute particulière est
portée aux situations qui peuvent l'engendrer : mise à l'écart, échec scolaire,
ennui en récréation ou pendant la pause du déjeuner. Toute situation de violence
constatée doit faire l'objet, lorsqu'elle a été circonscrite, d'une réflexion
individuelle et collective qui en facilite la prévention.
Les enseignants veillent à ce que les élèves se sentent
responsables des lieux où ils travaillent et respectent les règles élémentaires
de politesse et de civilité. Au cycle 3, on peut faire comprendre que, même si
elles peuvent varier selon les pays et les cultures et évoluer d'une époque à
l'autre, ces règles ne sont pas des rituels dépourvus de signification qu'on
pourrait abandonner sans risque : elles facilitent la vie en
commun.
Plus largement, les enseignants
font comprendre la signification des contraintes justifiées de la vie collective
par le surcroît de liberté qu'elles apportent. La petite société que constitue
l'école permet de conduire cette réflexion de manière concrète dans le cadre des
débats prévus à l'emploi du temps. Le règlement intérieur et les lois
républicaines qu'il met en application dans l'école doivent y être expliqués
comme une condition indispensable à toute vie collective, pour les élèves comme
pour les adultes. Les règles de vie de la classe sont élaborées par les élèves
sous la direction du maître. Les difficultés nées de leur mise en œuvre sont
régulièrement examinées afin d'en améliorer le fonctionnement et le respect. Ces
débats sont l'occasion d'une mise en pratique de la communication réglée : ordre
du jour, présidence de séance, compte rendu.
Ces réunions aux quelles peuvent participer d'autres adultes de la
communauté scolaire sont aussi l'occasion, lorsque des conflits éclatent, de
mener une réflexion approfondie sur ce qui relève de valeurs pour lesquelles il
n'est pas possible de transiger ou, au contraire, du libre choix de
chacun.
2 - Être citoyen dans sa
commune
Les élèves se
familiarisent avec l'institution démocratique la plus proche d'eux, la commune,
par une visite à la mairie et une première découverte du rôle des élus (maire,
conseil municipal) dans les affaires scolaires et l'amélioration de la vie des
habitants.
3 - Être citoyen en
France
À travers les leçons
d'histoire, l'élève comprend ce que signifie appartenir à une nation
démocratique.
La Déclaration des droits
de l'Homme et du citoyen est l'occasion d'aborder les articles qui
concernent les diverses expressions de la liberté.
L'installation de la République au XIXème siècle conduit l'élève à
réfléchir sur la différence entre monarchie et république et sur l'émergence du
suffrage universel. Au XXème siècle, le "point fort" sur la Cinquième République
doit permettre d'évoquer le rôle du président de la République et du
gouvernement ainsi que celui du Parlement, sans entrer dans des détails trop
complexes.
L'élève découvre diverses formes
de participation à la vie démocratique : le vote, l'acceptation de charges
électives, l'engagement dans la vie publique.
Il apprend que, même si la réalité n'est jamais entièrement conforme à
l'idéal, celui-ci doit continuer à être affirmé pour guider les comportements et
structurer l'action, à partir d'exemples historiques comme l'esclavage ou
l'inégalité entre les hommes et les femmes.
4 - S'intégrer à l'Europe, découvrir la francophonie, s'ouvrir au
monde
Les enseignants font
découvrir l'Europe et développent la curiosité de leurs élèves sur les pays de
l'Union européenne dans les séquences de géographie et dans celles consacrées à
l'apprentissage d'une langue étrangère. Ils encouragent les contacts directs
(par correspondance ou courrier électronique) avec d'autres classes d'enfants
européens. De la même façon, l'élève apprend l'existence d'une communauté de
langues et de cultures, la francophonie, qui constitue un pont entre le
territoire national et le monde. Il observe le rôle que joue aujourd'hui la
monnaie unique : l'euro.
À travers la
géographie, l'élève prend conscience du caractère mondial de nombreux problèmes
économiques ou culturels, il perçoit les grandes inégalités entre régions du
globe et, donc, les solidarités nécessaires. Il découvre que la Convention
internationale des droits de l'enfant de 1989 est loin d'être appliquée dans
plusieurs pays, en particulier en ce qui concerne le travail des enfants de son
âge. Par les sciences, il mesure les menaces qui pèsent sur l'environnement et
la responsabilité de chacun.
Enfin,
l'éducation artistique et littéraire montre comment l'artiste et l'écrivain,
témoins de leur temps et de leur société, sont aussi porteurs de valeurs
universelles : l'attachement légitime à un groupe, un pays, une culture, n'est
donc pas incompatible avec l'ouverture au monde.
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
LANGUE
FRANÇAISE, ÉDUCATION LITTÉRAIRE ET HUMAINE
LITTÉRATURE (DIRE, LIRE, ÉCRIRE)
OBJECTIFS
Le
programme de littérature du cycle 3 vise à donner à chaque élève un répertoire
de références appropriées à son âge et puisées dans la littérature de jeunesse,
qu'il s'agisse de son riche patrimoine ou de la production toujours renouvelée
qui la caractérise. Il permet ainsi que se constitue une culture commune
susceptible d'être partagée, y compris entre générations. Ces rencontres avec
les œuvres passent par des lectures à haute voix (du maître ou des élèves) comme
par des lectures silencieuses. Elles permettent d'affermir la compréhension de
textes complexes, sans pour autant s'enfermer dans des explications formelles
difficilement accessibles à cet âge. Elles se poursuivent par des échanges et
des débats sur les interrogations suscitées et donnent par là l'occasion
d'éprouver les libertés et les contraintes de toute
interprétation.
Avec les œuvres poétiques
et théâtrales, les élèves, guidés par leur enseignante ou leur enseignant,
prolongent l'interprétation en cherchant à la transmettre au public de leurs
camarades ou à un public plus large. En liaison avec les activités artistiques
(musique, arts visuels, danse) ou dans le cadre d'un projet, ils élaborent la
mise en voix et la mise en scène des textes.
L'univers de cette littérature se découvre aussi, dès l'école primaire,
par la pratique de l'écriture. Cette expérience, plus exigeante, permet à
l'élève de commencer à prendre conscience des spécificités du monde des
fictions.
Ces multiples parcours de lecture
et d'écriture sont programmés par les maîtres de l'équipe de cycle en s'appuyant
sur la bibliographie publiée et régulièrement mise à jour par les soins du
ministère de l'éducation nationale.
Une
partie de l'horaire consacré à la littérature est réservée à des "ateliers" de
lecture qui conduisent progressivement tous les élèves à une véritable autonomie
face aux textes. Cela suppose un travail régulier et patient conjuguant
l'amélioration de la reconnaissance des mots ainsi que la structuration et la
diversification des stratégies de compréhension des textes. La part de l'emploi
du temps réservée aux ateliers varie du début à la fin du cycle en fonction des
besoins des élèves.
PROGRAMME
1 - Lecture
des textes de la littérature de jeunesse
Les textes lus au cycle 3 sont choisis parmi ceux qui sont répertoriés
dans la bibliographie publiée avec les textes d'application. Elle comporte des
"classiques de l'enfance" souvent réédités et qui constituent un patrimoine se
transmettant de génération en génération. Elle comporte aussi des œuvres de la
littérature de jeunesse vivante dont la liste est régulièrement renouvelée.
Chaque année, deux "classiques" doivent être lus et au moins huit ouvrages
appartenant à la bibliographie de littérature de jeunesse
contemporaine.
Ce programme de lecture ne
paraît démesuré que si l'on tente d'expliquer dans le détail et dans sa totalité
chacun des textes choisis. Il ne s'agit surtout pas d'enfermer les élèves
plusieurs semaines durant dans un livre qui va perdre, de ce fait, tout intérêt
et même toute signification. On privilégiera au contraire le parcours rapide,
seul susceptible de permettre à cet âge la compréhension d'ensemble de l'œuvre.
Une séance peut suffire pour une courte nouvelle ou un poème, une à deux
semaines sont nécessaires pour terminer un roman un peu long. L'enseignant peut
lire le texte à haute voix, résumer des passages trop longs ou faisant trop
digression, inviter ses élèves à des lectures oralisées, à des lectures
silencieuses faites en classe ou hors de la classe... L'essentiel est de
permettre que l'œuvre vienne s'inscrire dans la mémoire de chacun par les divers
aspects qui la constituent : les personnages, la trame narrative, des
expressions, le texte d'un passage fort (qui peut faire l'objet d'une
mémorisation littérale suivie d'une interprétation)...
Le maître guide les élèves dans leur effort de
compréhension. Il les engage à reformuler ce qu'ils ont compris avec leurs
propres mots, puis, par un dialogue attentif, il les conduit à combler les
lacunes ou les erreurs qu'il constate. Il les aide à construire les
articulations entre chaque séance de lecture d'un même texte (synthèse de ce qui
a été lu, débat tentant d'anticiper ce qui peut suivre, contrôle par la lecture,
etc.). L'enseignant éduque ainsi ses élèves à la nécessaire rigueur qui préside
à tout acte de lecture.
C'est aussi
l'occasion, pour l'enseignant, d'attirer l'attention sur les aspects les plus
ouverts de l'œuvre et de susciter des conflits d'interprétation nécessitant un
effort d'argumentation.
Pour que l'élève
puisse acquérir des références culturelles, il importe que les lectures ne
soient pas abordées au hasard, mais se constituent, tout au long du cycle, en
réseaux ordonnés : autour d'un personnage, d'un motif, d'un genre, d'un auteur,
d'une époque, d'un lieu, d'un format, etc. Au cycle des approfondissements,
c'est cet aspect de la lecture littéraire qui doit être privilégié plutôt que
l'explication approfondie d'une œuvre.
Chaque lecture, lorsqu'elle a fait l'objet d'un travail de compréhension
et d'interprétation, laisse en suspens des émotions et pose de multiples
questions qui peuvent devenir des thèmes de débat particulièrement riches. Cette
exploration de l'univers de connaissances et de valeurs qu'est la littérature
peut être conduite très librement à partir d'un texte (voire d'un extrait) ou,
au contraire, de la confrontation de plusieurs lectures, ou encore en s'appuyant
sur des œuvres ou connaissances rencontrées dans les autres enseignements (un
film, un tableau, un paysage, un portrait photographique, une gravure,
etc.).
Au cycle 3, la plupart des élèves
deviennent capables de lire de manière autonome des textes de littérature de
jeunesse, c'est-à-dire de les comprendre et d'en proposer une interprétation
sans l'aide de l'adulte. Toutefois, les compétences de lecture restant à cet âge
très variables, les enseignants veillent à suggérer des œuvres appropriées à
chacun, tant par l'intérêt qu'elles suscitent que par les difficultés qu'elles
présentent. L'objectif est de faire de chaque enfant un lecteur assidu. Là
encore, il convient de ne pas être pusillanime et de pousser chacun à emprunter
fréquemment des livres dans les bibliothèques accessibles (BCD, bibliothèque
publique du quartier, bibliobus, etc.). Un livre par mois au moins devrait être
considéré comme une base même si l'on sait que, pour certains élèves, les
lectures personnelles du cycle 3 passent encore beaucoup par la lecture à haute
voix des adultes. Les lectures autonomes doivent relever d'abord du plaisir de
la découverte d'une œuvre. Elles ne doivent déboucher sur aucune activité
susceptible de décourager les élèves mais peuvent faire une large place à des
rituels qui développent les sociabilités de la lecture : signaler à la classe
une découverte, partager avec un autre lecteur du même livre ses impressions,
conseiller une lecture à un camarade, faire partie d'un jury de sélection,
participer à un débat avec d'autres classes, etc. On peut aussi encourager les
élèves à se doter d'un "carnet de lecture" qu'ils utilisent très librement pour
conserver en mémoire les titres des œuvres lues et le nom de leurs auteurs, pour
noter un passage ou une réflexion et ainsi se donner les moyens d'une relation
plus intime avec le livre. Pour les enfants ne parvenant pas à cette autonomie,
la BCD et la bibliothèque publique de proximité doivent fournir de multiples
occasions d'auditions de lecture.
2
- Dire les textes
Au cycle
3, l'élève devient capable de dire les textes lus et relus ou mémorisés en
totalité. Il est plus judicieux de les choisir parmi les œuvres découvertes dans
les lectures faites en classe, élues à cette fin pour le plaisir qu'elles ont
procuré lorsqu'on les a rencontrées. Ce travail repose d'abord sur
l'expérimentation active de la voix et de ses effets (pauses, rythme,
inflexions, intonations, intensité, etc.), ensuite sur l'articulation entre
l'effort de compréhension et celui de diction, enfin sur l'épreuve du travail
fait, face à des auditoires variés. Une dizaine de textes de longueur
raisonnable, particulièrement bien choisis pour leurs qualités littéraires et le
travail d'interprétation qu'ils permettent, sont mémorisés chaque
année.
Le travail régulier de diction des
textes peut s'accompagner de projets plus ambitieux (en particulier lorsque le
théâtre est abordé), éventuellement appuyés par le renfort technique d'artistes
dans le cadre d'un projet d'école ou d'un projet artistique et culturel (PAC),
qui, au-delà de la mise en voix, utilisent les ressources corporelles pour
déployer l'interprétation des textes dans l'espace et pour les donner tout à la
fois à entendre et à voir. Il existe des relations fortes entre dire des textes
et les chanter. Chaque fois que cela sera possible, on tentera d'articuler l'une
et l'autre activité, sans oublier qu'une chorale peut très judicieusement être
l'occasion de les rapprocher.
La lecture à
haute voix joue un rôle important lors de la rédaction d'un texte ou au moment
de sa révision. Dire son texte ou le texte d'un camarade, c'est en expérimenter
la cohésion et les effets.
3 -
Écrire à partir de la littérature
La plupart des genres littéraires rencontrés en lecture peuvent être le
point de départ d'un projet d'écriture (conte, récit des origines, légende,
nouvelle policière, nouvelle de science-fiction, récit de voyage fictif, fable,
pièce de théâtre...).
L'enseignant conduit
ce travail de manière progressive en s'appuyant sur les textes lus ou en
recourant à ceux-ci chaque fois que c'est nécessaire. Il peut, par exemple,
inviter ses élèves à prolonger, compléter ou transformer un texte narratif,
poétique ou théâtral. Il peut encore les conduire à écrire un épisode nouveau
dans un texte narratif, un dialogue ou une description destinés à s'insérer dans
un récit ou à le prolonger...
Le pastiche,
l'imitation, le détournement sont les bases du travail d'écriture, en référence
aux textes littéraires. Le recours aux prototypes doit être permanent, soit pour
dégager des caractéristiques susceptibles de guider la mise en œuvre du projet,
soit pour répondre aux questions que sa réalisation ne manque pas de
poser.
La révision reste, comme dans tous
les projets d'écriture, un moment essentiel. Les élèves doivent être
régulièrement conduits à ajouter, supprimer, remplacer, déplacer des fragments
de textes sur leurs propres brouillons ou sur ceux de leurs camarades, en
s'appuyant sur les annotations des autres élèves ou du maître et en utilisant
les outils construits par la classe. Ce travail peut s'effectuer sur le papier
en mettant en œuvre instruments d'écriture, ciseaux et colle, ou sur un logiciel
de traitement de texte dont les fonctionnalités plus complexes sont découvertes
à cette occasion. Il en est de même pour tout ce qui relève de la révision
orthographique.
Tout projet d'écriture peut
se prolonger par un projet d'édition du texte réalisé. C'est l'occasion, pour
les élèves, de s'initier à la fabrication d'un livre (couverture, page de titre,
mise en pages, illustration) et de sa diffusion (insertion dans une collection,
présentation au public, critique). Il peut en être de même pour un journal, pour
une affiche, pour une page destinée à un site internet ou à un cédérom. Au-delà
des aspects de présentation, l'élève apprend à écrire en fonction des effets
recherchés et des publics auxquels il s'adresse : décrire une expérience,
convaincre un correspondant, toucher un lecteur.
La pratique de l'écriture poétique développe la curiosité et le goût pour
la poésie. Elle doit essentiellement se présenter sous forme de jeux combinant
l'invention et les contraintes d'écriture.
Au cycle 3, l'écriture manuscrite est quotidiennement sollicitée. Il
importe qu'elle reste ferme et lisible tout en devenant de plus en plus cursive.
Certains élèves ont encore besoin d'un exercice régulier de la main. Tous doivent
progressivement s'approprier les bases acquises au cycle précédent pour en faire
une écriture plus personnelle. À l'occasion des activités d'édition de textes,
dans tous les domaines, on peut conduire les élèves à explorer des familles de
caractères susceptibles d'enrichir leurs moyens graphiques (écriture, mise en
pages, etc.).
4 - Ateliers de
lecture
L'accès à la lecture
autonome (lecture silencieuse sans aide d'un adulte) suppose, tout au long du
cycle 3, un travail régulier. Laisser les élèves fréquenter des fichiers de
lecture qui ne prévoient, comme seule intervention didactique, que le contrôle
des réponses faites à un questionnaire ne saurait en aucun cas suffire. Des
ateliers de lecture doivent être mis en place, dans chaque domaine d'activité,
en particulier lorsque l'on découvre des textes d'un type nouveau ou de
nouvelles modalités de lecture. Leur mise en œuvre est développée de manière
plus approfondie à propos du domaine "Littérature". Ces recommandations peuvent
être transférées aisément aux textes rencontrés dans les autres domaines. En
aucun cas, cependant, les ateliers de lecture ne peuvent se substituer à
l'activité proprement dire.
L'élève doit,
pour progresser, apprendre à mieux gérer une tâche complexe : d'une part traiter
successivement les marques linguistiques du texte, d'autre part en élaborer la
compréhension en s'appuyant sur la signification des mots et des phrases lus
mais aussi en mobilisant des connaissances préalables (connaissances sur le
thème du texte, connaissances sur la langue). Si une partie de ce travail
devient automatique, toute l'attention peut être dirigée vers l'activité la plus
délicate : celle qui conduit à la compréhension du texte.
Pour aider l'élève à acquérir plus d'autonomie, il peut
être utile de travailler séparément chacun de ces aspects. Lorsque le travail
porte sur la lecture de mots nouveaux ou de structures syntaxiques délicates, on
limite la difficulté de la compréhension en préparant le texte au préalable ou
en aidant les élèves en cours de lecture. Lorsque le travail porte sur le
développement des stratégies de compréhension, on limite le nombre de mots rares
et de structures syntaxiques complexes.
L'amélioration de la reconnaissance des mots rares ou des structures
syntaxiques difficiles peut être développée à partir de jeux où la vitesse de
réaction et la finesse de la discrimination (entre des mots proches
visuellement, par exemple) sont encouragées. On prendra garde toutefois à se
souvenir que "reconnaissance" implique "connaissance" et que l'entraînement à la
lecture de mots ou de structures syntaxiques rares doit obligatoirement être
précédé d'un travail oral sur les mêmes réalités (voir "Observation réfléchie de
la langue française"). On se rappellera aussi que l'écriture reste l'un des
meilleurs moyens d'entrer dans la structure orthographique d'un mot rare ou
d'une marque syntaxique et peut donc grandement aider à l'automatisation de sa
reconnaissance en lecture.
La compréhension
des textes suppose d'abord un usage judicieux de la mémoire susceptible
d'intégrer les informations qui sont données successivement au cours de la
lecture. Il faut conduire les enfants à ce va-et-vient incessant entre ce qui
vient d'être lu du texte et ce qui est en cours de lecture, sans lequel ne se
constituent que des îlots de compréhension isolés les uns des
autres.
Il convient ensuite d'amener
l'enfant au bon repérage des marques linguistiques qui, à l'écrit comme dans le
langage d'évocation, guident cette intégration (dans le cadre de la phrase comme
dans celui du texte). Les substituts du nom (nominaux ou pronominaux), la
ponctuation, les temps du verbe, les connecteurs, etc., doivent être travaillés
de manière explicite dans les ateliers de lecture. Ils permettent souvent de
faire les inférences nécessaires à la compréhension que les jeunes lecteurs
négligent ou ne parviennent pas à réaliser. Là encore, l'explicitation est
nécessaire : par exemple, le bon traitement d'un pronom suppose la prise en
compte de son genre et de son nombre, le repérage de sa fonction,
etc.
Enfin, l'accès à l'autonomie suppose
la gestion volontaire par le lecteur de tout le processus. L'enfant doit
apprendre à passer de compréhensions ponctuelles et lacunaires à des
compréhensions qui prennent en compte tous les aspects du texte en même temps
que les savoirs antérieurement accumulés. Cela relève d'un effort et d'une
exigence qui ne vont pas de soi. C'est en explicitant avec eux tout le procédé
que les enseignants peuvent amener leurs élèves à prendre à leur compte les
diverses facettes du processus et de son contrôle.
Les ateliers doivent donc offrir des activités judicieusement
programmées, susceptibles de faire découvrir ces démarches de manière ordonnée,
tout en consolidant les bases de l'acte de lecture (automatisation de la
reconnaissance des mots).
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
OBSERVATION RÉFLÉCHIE DE LA LANGUE FRANÇAISE (grammaire,
conjugaison, orthographe, vocabulaire)
OBJECTIFS
L'observation
réfléchie de la langue française conduit les élèves à examiner des productions
écrites comme des objets qu'on peut décrire, et dont on peut définir les
caractéristiques. Ils comparent des éléments linguistiques divers (textes,
phrases, mots, sons, graphies...) pour en dégager de façon précise les
ressemblances et les différences. À cet égard, l'observation réfléchie de la
langue française doit être un moment de découverte visant à développer la
curiosité des élèves et leur maîtrise du langage, et non une série d'exercices
répétitifs mettant en place des savoirs approximatifs et l'usage prématuré d'une
terminologie inutilement complexe.
Les
connaissances acquises dans les séquences consacrées à la grammaire sont
essentiellement réinvesties dans les projets d'écriture (quel que soit
l'enseignement concerné). Ceux-ci peuvent servir de supports à de nouvelles
observations des phénomènes lexicaux, morphosyntaxiques, syntaxiques ou
orthographiques. La familiarisation acquise avec les structures de la langue
permet aussi de résoudre certains problèmes de compréhension face à des textes
plus complexes.
Pour faciliter cette
observation, quelques techniques d'exploration du langage doivent être
régulièrement utilisées :
- classer (des
textes, des phrases, des mots, des graphies) en justifiant les classements
réalisés par des indices précis ;
-
manipuler des unités linguistiques (mots, phrases, textes), c'est-à-dire savoir
effectuer certaines opérations de déplacement, remplacement, expansion,
réduction, d'où apparaîtront des ressemblances et différences entre les objets
étudiés.
PROGRAMME
1 - Le verbe
et le nom dans la phrase et dans le texte
Dans la phrase française comme dans la plupart des langues, le verbe et
le nom sont les points d'articulation des principaux phénomènes syntaxiques.
Leur identification permet d'entrer dans la construction de la phrase ou du
texte et de comprendre qu'elle n'est pas une simple succession de mots. Leur
manipulation met en évidence les liens qu'ils entretiennent avec tous les autres
composants de l'énoncé.
Cette première
prise de conscience du rôle du verbe et du nom dans la structuration de l'énoncé
est complétée par la découverte des phénomènes qui donnent leur cohérence et
leur cohésion aux textes, en particulier aux textes narratifs.
1.1 Le verbe (grammaire, conjugaison, orthographe)
Le verbe est identifié dans une phrase
en repérant les modifications qui peuvent l'affecter (personne, nombre,
temps...) ou les éléments qui peuvent l'entourer (la négation, le nom ou le
pronom sujet...). L'élève ne doit pas être conduit à imaginer qu'il existe une
procédure automatique pour découvrir le verbe. Il doit être au contraire
familiarisé avec l'idée qu'il ne peut s'agir que du constat de critères
convergents.
On découvre les particularités
de sa syntaxe en repérant que chaque verbe implique l'usage de certains
compléments à l'exclusion d'autres et que le sens de l'énoncé se modifie
lorsqu'on utilise un même verbe sans complément ou avec des types de compléments
différents (par exemple : jouer, jouer à, jouer de...).
Les jeux (déplacement, substitution, expansion, réduction)
sur quelques expansions du verbe (adverbes, compléments...) permettent de
développer une plus grande flexibilité lors de la mise en mots dans les projets
d'écriture et de renforcer la compréhension des textes.
L'orthographe du verbe concerne essentiellement l'accord
avec le sujet. Elle suppose que cette relation soit bien perçue par l'élève et
qu'il sache mobiliser son attention pour marquer l'accord dans toutes les
activités d'écriture (y compris d'écriture sous la dictée), du moins lorsque la
construction est régulière. Une première approche des homophones grammaticaux
comme et/est ; ces/ses/s'est/c'est ; a/à ; etc. (dont la plupart concerne des
verbes) vient compléter ce travail orthographique.
La conjugaison est, au cycle 3, centrée sur l'observation des variations
qui affectent les verbes. Les règles d'engendrement du présent, du passé
composé, de l'imparfait, du passé simple, du futur, du conditionnel et du
présent du subjonctif peuvent être aisément dégagées, ainsi que les régularités
orthographiques qui les caractérisent (les formes rares seront étudiées au
collège). Les verbes les plus fréquents sont étudiés en
priorité.
Une première réflexion sur les
temps verbaux permet d'opposer l'expression verbale du "une fois" à celle du
"toujours". L'approche des diverses manières de situer et de caractériser les
événements dans le passé par l'emploi des divers temps verbaux se fait dans la
narration.
1.2 Le nom (grammaire,
orthographe)
Le nom peut être
identifié dans une phrase par ses variations (en nombre et en genre) et par les
éléments qui l'entourent (essentiellement les déterminants et les
expansions).
En comparant les différentes
déterminations du nom (articles, déterminants possessifs, démonstratifs,
indéfinis), on peut, en particulier, distinguer celles qui renvoient à un
individu et celles qui renvoient à toute une classe.
Les jeux (déplacement, substitution, expansion, réduction)
sur les différentes expansions du nom (adjectif qualificatif, relative,
complément du nom) permettent de développer l'agilité de l'élève dans les
projets d'écriture et d'affermir sa compréhension des textes.
Le repérage des chaînes d'accord dans le groupe nominal est
une condition essentielle de la maîtrise de l'orthographe grammaticale. L'élève
doit apprendre à mobiliser son attention pour marquer l'accord lorsqu'il écrit
(y compris sous la dictée).
Les mêmes
phénomènes pourront être identifiés dans la langue étrangère ou régionale
étudiée par ailleurs.
2 - Quelques
phénomènes grammaticaux portant sur le texte
La fermeté du choix énonciatif présidant à la production
d'un texte est une conquête difficile pour les élèves de l'école primaire et
reste à cet âge plus implicite que réfléchie. Au cycle 3, il suffit de rendre
les élèves sensibles aux ruptures qui surviennent dans leurs productions et à
les conduire à rétablir l'homogénéité, en particulier dans les textes narratifs,
mais aussi dans les projets d'écriture qui interviennent dans les différents
domaines.
Quelques phénomènes peuvent faire
l'objet d'observations réfléchies :
-
repérage des divers substituts d'un nom (pronoms et substituts nominaux) dans un
texte lu et réalisation des substitutions nécessaires lors d'une activité
d'écriture ;
- repérage des mots de liaison
(connecteurs temporels, spatiaux et logiques) dans un texte lu et choix
pertinent de ces mots dans un texte en cours d'écriture ;
- repérage de la diversité des temps verbaux dans un texte
(en particulier, temps du passé dans un texte narratif) et choix correct de ces
temps dans un projet d'écriture ;
-
repérage des fonctions syntaxiques de la ponctuation et usage correct du point
et, progressivement, de la virgule.
3 - Vocabulaire et orthographe lexicale
C'est dans les divers enseignements, et en particulier lors
des lectures, que les élèves augmentent leur vocabulaire. C'est en écrivant
qu'ils en fixent l'orthographe. Les amener à mobiliser rapidement les éléments
lexicaux et les expressions susceptibles d'être utilisés pour évoquer un
événement de la vie quotidienne, un phénomène ordinaire, etc., n'est jamais
inutile. C'est l'occasion de rassembler des matériaux utiles pour une prise de
parole, un projet d'écriture.
Une première
réflexion sur le lexique déjà acquis permet, en repérant les liens qui le
structurent, d'en affermir la compréhension et d'en augmenter la disponibilité,
à l'oral comme à l'écrit. Elle permet aussi de commencer à distinguer le rôle
joué par le lexique dans le choix d'un registre de langue.
3.1 Activités de vocabulaire
Parmi tous les phénomènes qui contribuent à la
structuration du lexique, c'est sur la polysémie des mots et sur la relation de
cette polysémie avec leur contexte d'emploi qu'il convient d'insister plus
particulièrement. On peut aussi commencer à faire observer aux élèves les
phénomènes de synonymie (dans l'usage des substituts nominaux), les relations
entre mots de sens contraire, les processus de nominalisation (en particulier
dans les textes scientifiques), l'usage des termes génériques.
Les élèves ont eu l'occasion de jouer avec des dérivations
dès l'école maternelle. Au cycle 3, il devient possible de les observer de
manière plus réfléchie en opérant des classifications, en tentant de distinguer
ceux d'entre eux qui sont les plus féconds, la manière dont certaines
dérivations sont exclues par la langue... Un rapprochement avec la langue
étrangère ou régionale étudiée peut se révéler particulièrement
judicieux.
Une première approche de la
définition permet de consolider l'usage du dictionnaire.
L'identification de l'origine de quelques mots sensibilise
les élèves aux différents héritages dont le français est tributaire, notamment
en relation avec l'apprentissage de la langue étrangère ou régionale et
l'histoire.
3.2 Maîtrise de
l'orthographe lexicale
D'une manière
générale, dans chaque activité mettant en jeu l'écriture, on conduit les élèves
à utiliser tous les instruments nécessaires (répertoires, dictionnaires,
correcteurs informatiques, etc.) pour vérifier et corriger l'orthographe
lexicale.
Par ailleurs, on aide les élèves
à mémoriser l'orthographe lexicale des mots les plus fréquents en effectuant
tous les rapprochements nécessaires entre les mots présentant les mêmes
régularités orthographiques.
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
LANGUES ÉTRANGÈRES OU RÉGIONALES
OBJECTIFS
Au cycle
3, cet enseignement vise l'acquisition de compétences assurées permettant
l'usage efficace d'une langue autre que la langue française dans un nombre
limité de situations de communication adaptées à un jeune enfant. Il contribue à
construire des connaissances linguistiques précises (formules usuelles de
communication, lexique, syntaxe et morphosyntaxe), ainsi que des connaissances
sur les modes de vie et la culture du ou des pays où cette langue est
parlée.
Il vise aussi à faire découvrir,
d'une manière plus générale, l'enrichissement qui peut naître de la
confrontation à d'autres langues, d'autres cultures et d'autres peuples, y
compris lorsqu'ils sont liés à l'histoire personnelle ou familiale de certains
élèves de la classe.
Cet apprentissage est
une étape d'un parcours linguistique qui, au terme de la scolarité obligatoire,
aura permis à chaque élève d'acquérir au moins deux langues vivantes en plus de
sa langue maternelle.
Le volume horaire
consacré à l'apprentissage d'une langue étrangère ou régionale se décompose en
deux parties :
- deux séances hebdomadaires
de 45 minutes pendant lesquelles l'enseignement est conduit avec méthode
;
- des activités de réactivation des
acquis et d'exposition à la langue, soit réparties en courtes plages de travail
sur l'ensemble de la semaine, soit lors de moments plus intensifs dans l'année
(activités conduites par des locuteurs natifs de la langue, classe linguistique,
projet pédagogique dans la langue, etc.). Pour ces activités, le volume horaire
globalisé relève de l'autonomie pédagogique du conseil des maîtres, pouvant
aller jusqu'à l'équivalent d'une demi-heure hebdomadaire.
PROGRAMME
1 - Un apprentissage centré sur des activités de
communication
Chaque séquence de
langue repose sur des situations et des activités ayant du sens pour les élèves,
suscitant leur participation active, favorisant les interactions et l'entraide
dans le groupe et développant l'écoute mutuelle.
Chaque fois que cela est possible, on utilise la langue à l'occasion
d'activités ritualisées (salutations, contrôles des élèves présents, etc.), dans
des activités simples relevant d'autres enseignements (mathématiques, sciences,
littérature, éducation physique et sportive, etc.) ou encore dans des activités
ludiques dans ou hors du temps scolaire (jeux de société, etc.).
Les activités orales de compréhension et d'expression sont
prioritaires. L'exigence de correction linguistique est permanente et s'exerce
sans bloquer la volonté et le plaisir de s'exprimer.
La programmation des activités se fait sur la base des
compétences de communication à acquérir en fin de cycle en tenant compte de la
liste des connaissances linguistiques qui sera donnée pour chaque langue
(formules usuelles de communication, lexique, syntaxe et
morphosyntaxe).
L'élève est progressivement
conduit à pouvoir :
- se présenter et
parler de lui-même : dire son nom, son âge, sa date de naissance et son adresse,
parler de sa famille et de ses amis, dire ce qu'il possède, dire ce qu'il
ressent (joie, faim, soif, fatigue, douleur) ;
- parler de son environnement : désigner une personne ou un objet,
préciser la date et l'heure, parler du temps qu'il fait, parler de la
nourriture, décrire quelqu'un ou quelque chose (taille, couleurs, intensité),
dire où se trouve quelqu'un ou quelque chose ; exprimer une chronologie simple
;
- entretenir quelques relations sociales
simples : saluer, prendre congé, remercier, s'excuser, souhaiter un
anniversaire, féliciter, inviter ;
-
participer oralement à la vie de la classe : dire qu'il sait ou ne sait pas ;
demander de répéter ; dire qu'il n'a pas compris ; exprimer son accord ou son
désaccord ; appeler l'attention de ses camarades ou du maître ; proposer,
accepter et refuser ; dire qu'il aime ou pas quelque chose ; exprimer un avis
personnel.
Une égale attention est accordée
à la compréhension ou à la formulation de questions simples ainsi qu'à la
production de réponses et à la prise de parole par l'élève.
2 - Un entraînement régulier et
méthodique
Le développement
des compétences de compréhension et d'expression fait l'objet d'un entraînement
rigoureux et progressif organisé en vue des acquisitions
ci-dessous.
2.1 Écouter et comprendre
Compétences auditives
- reconnaître les schémas intonatifs principaux, l'accent
de phrase ou de mots ;
- reconnaître les
phonèmes de la langue et discriminer des phonèmes voisins ;
- exercer sa mémoire auditive à court et à long
terme.
Construction du sens de ce qu'on
entend
- reconnaître des mots transparents
;
- repérer des informations essentielles
dans une situation familière et prévisible ;
- prendre appui sur les mots accentués pour comprendre l'essentiel
;
- déduire un sentiment à partir d'une
intonation ;
- reconnaître la valeur
fonctionnelle d'énoncés habituels dans des dialogues ;
- identifier le jalonnement chronologique dans un récit ou
un dialogue ;
- identifier les liens
logiques principaux exprimant la cause ou la conséquence ;
- anticiper un récit en prenant appui sur sa connaissance
du sujet ou de la situation.
2.2
S'exprimer à l'oral
Reproduction
- reproduire des
énoncés en respectant les schémas accentuels et intonatifs et en réalisant
correctement les phonèmes.
Utilisation
d'énoncés figés
- mobiliser des énoncés
adéquats à la situation et à l'interlocuteur dans une succession d'échanges
ritualisés ;
- coopérer avec son
interlocuteur en utilisant les formules de politesse simples et
courantes.
Construction
d'énoncés
- personnaliser des énoncés
connus en modifiant quelques éléments, dans le respect de la morphosyntaxe
;
- exprimer des sentiments à l'aide de
marqueurs spécifiques et/ou de l'intonation ;
- utiliser des énoncés déclaratifs, interrogatifs et injonctifs
;
- complexifier un énoncé grâce à l'emploi
de connecteurs simples.
2.3 Lire et
comprendre
- reconnaître des mots
isolés dans un énoncé ;
- reconnaître des
mots transparents et savoir les lire ;
-
oraliser un énoncé en respectant les schémas accentuels et intonatifs
;
- maîtriser la relation entre graphèmes
et phonèmes spécifique à la langue ;
-
segmenter correctement la lecture d'énoncés, en prenant appui sur des éléments
ou groupes de mots connus ;
- exercer sa
mémoire visuelle ;
- anticiper la suite
d'un énoncé à partir de la connaissance que l'on a du sujet ou à partir du
contexte.
2.4 S'exprimer à l'écrit
Reproduction
- reproduire des énoncés en les recopiant.
Construction d'énoncés
- personnaliser un énoncé en introduisant de légers changements dans un
texte bref ;
- écrire des phrases d'après
un modèle défini, en les modifiant par des variations ;
- complexifier un énoncé écrit grâce à des connecteurs
simples.
3 - Renforcement de la
maîtrise du langage
À partir
d'énoncés oraux ou écrits, un début de réflexion sur le fonctionnement de la
langue permet de faire prendre conscience aux élèves qu'une langue n'est pas le
calque d'une autre et les rend capables d'un début d'autonomie dans la
production.
L'observation comparée de
quelques phénomènes simples dans des langues différentes (dont la langue
française) crée chez les élèves une distance qui leur permet d'être plus
sensibles aux réalités grammaticales et renforce la maîtrise du
langage.
4 - Découverte de faits
culturels
Les connaissances
sur les modes de vie des locuteurs de la langue apprise sont transmises à
l'occasion des activités de langue organisées autour de thématiques liées à
l'environnement d'élèves de cet âge : la vie en famille, l'habitation, l'école,
les amis et les loisirs, les animaux familiers, les rythmes de l'année
(anniversaire, fêtes).
Ainsi, l'élève
découvre la vie scolaire d'enfants du même âge, notamment grâce à l'observation
de matériaux (audio)visuels.
Des éléments
pertinents du folklore, les personnages des légendes ou des contes, ainsi que
quelques repères culturels propres aux pays ou régions concernés sont choisis et
présentés en relation étroite avec les programmes d'histoire, de géographie et
d'éducation artistique.
5 -
Dimension internationale de l'apprentissage d'une langue
étrangère
La dimension
internationale de l'enseignement des langues vivantes étrangères est affirmée
par les contacts pris avec des écoles à l'étranger, par les ressources de la
messagerie électronique et des réseaux de communication à distance, ou encore
par l'exploitation de documents audiovisuels. Des locuteurs natifs peuvent
prêter leur concours à cet enseignement.
Les langues régionales ont souvent une dimension internationale, soit
qu'elles soient parlées en dehors du territoire national, soit qu'elles se
rattachent à une famille linguistique dont d'autres langues sont les langues
nationales de pays voisins.
Cette dimension
internationale contribue à la construction de connaissances variées sur les
modes de vie et les cultures des pays concernés.
|
Compétences
devant être acquises en fin de cycle | ||
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CADRE EUROPÉEN
COMMUN DE RÉFÉRENCE POUR LES LANGUES (NIVEAU A1) | ||
|
Comprendre |
Écouter |
Peut comprendre des énoncés oraux simples au sujet de lui-même, de sa famille et de l'environnement concret et immédiat, si les gens parlent lentement et distinctement. |
|
Lire |
Peut reconnaître des éléments connus ainsi que des phrases très simples, par exemple dans des annonces, des affiches ou des catalogues. | |
|
Parler |
Prendre part à une conversation |
Peut communiquer de façon simple, à condition que l'interlocuteur soit disposé à répéter ou à reformuler ses phrases plus lentement et à l'aider à formuler ce qu'il/elle essaie de dire. Peut poser des questions simples sur des sujets familiers ou sur ce dont il/elle a immédiatement besoin, ainsi que répondre à de telles questions. |
|
S'exprimer oralement en continu |
Peut utiliser des expressions et des phrases simples pour décrire son lieu d'habitation et les gens qu'il/elle connaît. Peut raconter une courte séquence au passé. | |
|
Écrire |
|
Peut écrire un message électronique simple, une courte carte postale simple, par exemple de vacances. Peut remplir un questionnaire d'identité extrêmement simple. |
|
Avoir compris
et retenu : | ||
HISTOIRE
OBJECTIFS
Au cycle 3, à partir d'une approche disciplinaire de
l'histoire mieux constituée, le maître aide l'élève à construire une
intelligence du temps historique fait de simultanéité et de continuité,
d'irréversibilité et de rupture, de courte et de longue durée. Le respect du
déroulement chronologique, jalonné par des dates significatives, y est donc
essentiel et constitue l'une des bases de l'approche historique.
En continuant à réserver une place prépondérante au
territoire français, ce programme l'insère plus fortement dans une approche
européenne et parfois même mondiale, sans exclure la dimension régionale. Il ne
se limite pas aux seuls événements politiques, mais s'ouvre aux autres réalités
qui seront abordées dans leur complexité au collège.
L'élève doit être déjà capable de comprendre la spécificité
de l'histoire, cette "connaissance par traces" qui, pour l'historien, sont des
sources ou des documents. Il doit donc pouvoir commencer à en comprendre le
travail : rassembler des documents autour d'un sujet, en donner la nature, la
date, et l'auteur. Le maître le prépare ainsi à l'entrée au collège en lui
montrant que l'histoire n'est pas une suite de récits merveilleux et
imaginaires, et en l'initiant à une première forme d'esprit
critique.
Chaque époque a été marquée par
quelques personnages majeurs, dans l'ordre politique, mais aussi littéraire,
artistique ou scientifique. On n'oubliera pas, pour autant, le rôle de groupes
plus anonymes ni celui des femmes, dont on soulignera la faible place dans la
vie publique. Ces hommes et ces femmes, comme les événements, sont présentés aux
élèves à travers des récits de l'époque. Ces textes, différents des textes de
fiction, peuvent ainsi aider les maîtres à "raconter" l'histoire. Ils
fournissent aussi la matière d'ateliers de lecture historique.
Les supports actuels de l'information rendent plus que
jamais nécessaire l'apprentissage de l'interprétation des images, des codes qui
leur sont spécifiques et du langage qui permet de les décrire.
La leçon d'histoire fait une très large place à la
réflexion collective et au débat, et suppose donc un usage réglé de la parole,
attentif à la précision du vocabulaire utilisé et à la rigueur du raisonnement.
Pour l'époque actuelle, l'historien peut faire appel à des documents oraux
relevant des mêmes exigences critiques que le document écrit, et qui conduisent
donc les élèves à porter un regard différent sur les paroles.
Pour éviter la mise en mémoire d'éléments fragmentés et,
lors des évaluations, la tentation des questionnaires à choix multiple, chaque
séance se termine par l'écriture d'abord collective, puis progressivement plus
individuelle, d'une courte et modeste synthèse. Ces synthèses sont rassemblées
dans un cahier unique (conservé pendant toute la durée du cycle) qui facilite le
lien avec le professeur d'histoire et géographie du collège.
PROGRAMME
Le programme est découpé en six périodes et vingt et un points forts. La
programmation en est laissée à la liberté du conseil de cycle qui doit,
cependant, respecter l'ordre chronologique et ne négliger aucune période, y
compris la plus récente.
Le document
d'application précise les dates importantes, les personnages et les groupes
significatifs, le vocabulaire de base, les sources et documents utilisables, en
distinguant ce qui est indispensable et ce qui est laissé à l'appréciation du
maître. Il propose une rubrique "pour aller plus loin" destinée aux enseignants
désireux de nourrir un projet plus approfondi. Ceux-ci sauront trouver
l'équilibre entre découvertes par les élèves des réalités passées et mises au
point sur des connaissances indispensables qu'ils peuvent seuls transmettre et
qui ne peuvent pas relever de la construction autonome du
savoir.
1 - La
Préhistoire
Les temps
préhistoriques s'étendent sur plusieurs millions d'années. Faute de documents
écrits, nous savons peu de choses de nos ancêtres, même si la connaissance que
nous en avons, a fait récemment de grands progrès. En s'appuyant notamment sur
les ressources locales, on approchera donc la préhistoire par les traces qu'elle
a laissées, par la façon dont elles ont été découvertes et exploitées, les lieux
où elles sont conservées (sols d'habitats, restes humains et animaux fossiles,
outils, représentations pariétales et sculptées...).
Points forts
-
les premières traces de vie humaine, la maîtrise du fer et les débuts de
l'agriculture en Afrique et en Europe méditerranéenne ;
- l'élaboration d'un univers symbolique : l'apparition de
l'art autour de la représentation de l'homme et de l'animal.
2 - L'Antiquité
Première période historique, l'Antiquité commence lorsqu'il
existe des documents écrits sur une société, c'est-à-dire à des moments
différents selon les lieux. Une grande partie de l'Antiquité concerne donc le
Moyen-Orient et l'est du bassin méditerranéen, où apparaissent de grandes
civilisations qui connaissent très tôt l'écriture, entre autres, celles de
l'Égypte et plus tard de la Grèce. Leur succède l'Empire romain qui s'étend
progressivement sur l'ensemble de la Méditerranée et au-delà. Ces grandes
civilisations seront étudiées au collège. À l'école primaire, le programme
commence avec l'entrée de notre territoire dans "l'Histoire", c'est-à-dire avec
l'arrivée des Grecs et des Celtes (appelés Gaulois par les Romains) et plus
encore avec la victoire des Romains, la romanisation et la christianisation de
la Gaule.
Points forts
- à l'origine de l'histoire du
territoire français, une diversité qui en fait la richesse : populations
premières, Grecs, Celtes (Gaulois) prédominants ;
- la romanisation de la Gaule ;
- de
plusieurs dieux à un seul Dieu : la christianisation du monde
gallo-romain.
3 - Le Moyen-Âge
(476-1492)
Les limites
habituellement retenues vont de la chute de l'Empire romain d'Occident à la
découverte des Amériques.
À partir du IVème
siècle, des peuples venus de l'est, notamment les Francs et les Wisigoths
s'installent dans l'Empire romain d'Occident, qui s'effondre définitivement vers
la fin du Vème siècle. Sur ces ruines s'établissent des royaumes fondés par des
peuples germaniques. Cette période est décisive dans notre passé national, avec
le nom même de notre pays, l'émergence de sa capitale et en même temps des
grandes identités régionales. Décisive aussi pour l'Europe avec d'un côté les
différenciations territoriales et linguistiques, mais de l'autre, une première
forme d'unité religieuse (la chrétienté), culturelle et artistique. C'est enfin
le temps de l'établissement de la troisième grande religion monothéiste,
l'Islam, qui crée une nouvelle et brillante civilisation dominant le sud de la
Méditerranée. Les chrétiens et les musulmans vont s'affronter, mais aussi
échanger produits et idées.
Points forts
- à la suite de migrations et
d'invasions, en particulier celle des Francs, dislocation du pouvoir politique
et domination des seigneurs sur les paysans ;
- naissance de la France : un État royal, une capitale, une langue
;
- l'Europe des abbayes et des cathédrales
;
- en Méditerranée, une civilisation
fondée autour d'une nouvelle religion, l'Islam. Entre chrétiens et musulmans,
des conflits mais aussi des échanges.
4 - Du début des temps modernes à la fin de l'époque napoléonienne
(1492-1815)
Cette période de
trois siècles, riche de multiples événements, ouvre véritablement le monde
moderne, ainsi qualifié par opposition à une époque contemporaine plus proche de
nous. L'ensemble de la planète est désormais accessible, l'imprimerie facilite
une large diffusion des connaissances et des idées, une vision scientifique du
monde émerge, aux XVIème et XVIIème siècles. Avec l'Encyclopédie, le XVIIIème
siècle voit se développer l'intérêt pour les techniques. De grands textes
fondateurs, marquant encore la vie politique et sociale de notre pays, sont
élaborés : la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen et le
Code civil. Mais la même période a vu le massacre des Indiens d'Amérique, la
traite des noirs, la Terreur révolutionnaire et l'apparition de la "guerre de
masse", caractéristique de la Révolution et de l'Empire.
Points forts
-
le temps des découvertes : la planète désormais accessible, mais l'apparition
d'une nouvelle forme d'esclavage ;
- une
autre vision du monde artistique, religieuse, scientifique et technique
;
- la monarchie absolue en France : Louis
XIV et Versailles ;
- le mouvement des
Lumières, la Révolution française et le Premier Empire : l'aspiration à la
liberté et à l'égalité, réussites et échecs.
5 - Le XIXème siècle (1815-1914)
La période est beaucoup plus courte que la précédente,
moins de cent ans, mais elle est fondamentale pour comprendre notre temps.
L'industrialisation et l'urbanisation transforment les économies et les sociétés
de l'Europe occidentale. Face à la bourgeoisie, se développe un monde ouvrier
aux conditions de travail inhumaines. De grands mouvements de populations
affectent désormais l'Europe. C'est le siècle de l'émigration et de l'expansion
coloniale. En France, la République s'installe durablement, consolide les
libertés fondamentales et développe l'instruction, mais la femme reste dans une
position d'infériorité face à l'homme, comme partout en Europe.
Points forts
-
une Europe en pleine expansion industrielle et urbaine, à la recherche de
territoires et de débouchés : le temps du travail en usine, de l'émigration et
des colonies ;
- les difficultés de la
République à s'imposer en France : un combat politique de plusieurs générations
;
- l'inégalité entre l'homme et la femme
exclue du vote et inférieure juridiquement.
6 - Le XXème siècle et le monde actuel
On fait débuter le XXème siècle au début de la Première
Guerre mondiale parce qu'elle marque la fin de l'hégémonie européenne et
l'émergence de la puissance américaine. Le contraste est grand entre l'ampleur
des progrès scientifiques et techniques qui entraînent d'incontestables
améliorations de vie pour la majorité des Français et des Européens et la
violence du siècle marquée par les massacres et les formes les plus extrêmes de
l'intolérance et de l'exclusion contre lesquelles s'élèvent les voix de quelques
grandes personnalités. Le développement de nouveaux moyens de communication et
d'information accentue la "mondialisation" et donne l'impression d'un "village
planétaire" où chaque événement est immédiatement connu et se répercute dans
l'ensemble du monde. Cette mondialisation ne supprime pas les fortes tensions ni
les inégalités entre les diverses parties de la planète. Pour tenter d'améliorer
la situation, se créent de nombreuses organisations internationales dont l'ONU,
l'Organisation des Nations Unies, tandis que l'Europe cherche, non sans
difficulté, à s'unifier.
L'Union européenne
est traitée dans le programme de géographie.
Points forts
- la planète en
guerre : l'extrême violence du siècle ;
-
l'extermination des juifs par les nazis : un crime contre l'humanité
;
- la Cinquième République : pour
commencer à comprendre le fonctionnement de notre système démocratique
;
- la société en France dans la deuxième
moitié du XXème siècle : les progrès techniques, la fin des campagnes et le
bouleversement des genres de vie ;
- les
arts, expressions d'une époque : à partir d'un ou deux exemples français ou
internationaux laissés au choix des enseignants.
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
GÉOGRAPHIE
OBJECTIFS
Au cycle 3, l'élève
consolide ses connaissances sur la diversité des espaces en se familiarisant
avec une approche disciplinaire spécifique, celle de la géographie, étude de
l'organisation de l'espace par les sociétés, centrée à ce niveau sur la lecture
des paysages et des représentations de l'espace, en relation étroite avec la
photographie, la peinture, les principaux supports visuels et écrits, la
littérature et l'histoire.
Les géographes
découpent la planète et l'espace social en unités auxquelles ils donnent du
sens, qu'ils situent, qu'ils structurent, qu'ils mettent en relation. Ils
produisent et utilisent des images de la Terre, de sa totalité et de ses
parties. Ils cherchent à comprendre comment les hommes produisent, occupent,
utilisent, aménagent, organisent et transforment leurs territoires, pour et par
leurs activités.
Sans bouleverser
l'économie générale du programme précédent, le programme actuel est centré sur
la mise en relation de la lecture des paysages et de l'étude des cartes. Il
propose, dans l'approche des sujets étudiés, d'établir des liens plus étroits
avec l'histoire, l'éducation civique et les autres
enseignements.
L'objectif est de
transmettre aux élèves les connaissances nécessaires pour nommer et commencer à
comprendre les espaces dans lesquels ils vivent, et qu'ils contribuent, à leur
échelle, à transformer. Ce sont là les repères et les outils indispensables pour
suivre avec profit l'enseignement de la géographie au collège, principalement
centré sur l'analyse des "milieux".
Le
paysage appartient au monde réel des constructions humaines (il n'existe plus de
"paysage naturel" en Europe) ; il est aussi ce qui s'embrasse du regard : un
vécu, une perception, un référent culturel, inspirés par les valeurs
individuelles et collectives de celui qui l'observe. Construction de l'homme, en
perpétuelle évolution, il est constamment réinventé. La lecture de l'image
paysagère, lors d'une sortie sur le terrain, de l'étude d'une photographie, d'un
tableau ou d'une gravure, est ainsi toujours polysémique (voir l'éducation
visuelle).
La carte, qui peut être
topographique, thématique ou de synthèse, est un outil de communication complexe
qui représente les interrogations fondamentales des acteurs sur l'espace et les
territoires qu'ils occupent : pourquoi est-ce là et pas ailleurs
?
L'enseignement de la géographie suppose
donc un usage rigoureux et argumenté de la description, de l'analyse et de la
synthèse. L'élève y découvre un vocabulaire spécifique qu'il apprend à
distinguer du vocabulaire courant et à utiliser avec précision. Cet enseignement
fait appel à des supports variés de lecture et de réflexion :
- photographies, cartes, schémas, modèles, films...
;
- récits de voyages, d'expéditions
scientifiques et militaires, descriptions de paysages (pouvant alimenter un
atelier de lecture) ;
- titres, légendes,
nomenclatures de documents graphiques ;
-
index d'atlas et corrélats d'encyclopédie (papier ou numérique), sommaire de
portail ou formulaire de requête d'un moteur de recherche, structure d'un site
internet...
Chaque séance, en classe ou sur
le terrain, permet à l'enseignant d'aider l'élève à améliorer la maîtrise du
langage oral ou écrit, que ce soit dans la collecte, l'identification, le
classement, le traitement, la mise en mémoire des informations, dans leur
analyse ou dans la conduite de la réflexion. Chaque séquence se termine par
l'écriture collective, et progressivement plus individualisée, d'une courte
synthèse. Celle-ci est établie à partir des documents utilisés pour la
compréhension de l'espace étudié et figure dans un cahier unique, conservé tout
au long du cycle, ainsi que le vocabulaire, les croquis ou les tableaux. Ce
cahier unique facilite le lien avec le professeur d'histoire et géographie du
collège.
PROGRAMME
Le
programme, centré sur l'espace national, est organisé selon trois entrées : le
monde, l'Europe et la France. La liberté est laissée au conseil des maîtres pour
répartir, comme il l'entend, cet enseignement dans les trois années du cycle 3.
Cependant, il ne doit en négliger aucune dimension et part, en toute logique, de
l'échelle mondiale pour y retourner dans une synthèse en fin de cycle, en
examinant la place de la France dans le monde actuel. La géographie est aussi
l'occasion d'une approche des réalités locales et régionales qui doit être
privilégiée, chaque fois que cela est possible.
1 - Regards sur le monde : des espaces organisés par les
sociétés humaines
Les
sociétés humaines ont investi la presque totalité de la planète. Elles
organisent l'espace, elles créent des territoires en s'adaptant à leurs
composantes physiques et biologiques qu'elles modifient de façon plus ou moins
importante. Sur ce point, le lien avec les sciences expérimentales est
recommandé.
Points forts
- comparaison des représentations
globales de la Terre (globe, planisphères...) et du monde (cartes, images
d'artistes ou publicités...) ;
- mise en
valeur des principaux contrastes de la planète :
. zones denses et vides de populations ;
. océans et continents, ensembles climatiques vus du point de vue humain
;
. genres de vie.
2 - Espaces européens : une diversité de
paysages
L'Europe trouve sa
spécificité dans la diversité de ses paysages, ce qui n'exclut pas une unité
relative par rapport à des continents comme l'Afrique ou l'Asie. Elle se
caractérise par l'importance des villes et des axes de circulation qui les
relient. En s'appuyant sur les représentations paysagères et cartographiques, le
maître évoque les différentes limites de l'Europe habituellement retenues,
politiques, "naturelles", culturelles, économiques, et aide les élèves à
identifier et localiser les principaux ensembles spatiaux. Il leur donne une
première connaissance de l'Union Européenne.
Points forts
-
différenciation des paysages de l'est à l'ouest et du nord au sud ; les
utilisations par les hommes des côtes, des massifs montagneux, des plaines, des
mers ;
- opposition des zones peuplées et
moins peuplées ;
- observation des réseaux
urbains et des réseaux de circulation ;
-
repérage des centres et des périphéries européennes ;
- évocation sommaire de la création de l'Union européenne,
de son rôle ; reconnaissance de ses espaces, de ses territoires (en relation
avec l'histoire et en appui de l'éducation civique) ;
- l'euro, son rôle ; application des compétences acquises
en calcul dans l'usage des euros et des centimes.
3 - Espaces français
À l'image de l'Europe, la France est aussi caractérisée par
une diversité de paysages qui s'accompagne de la part des Français d'un
sentiment profond de l'unité de leur pays, fruit d'une longue
histoire.
Points forts
- des paysages historiques en
constante évolution :
. les facteurs de
diversité du territoire français (métropole, départements et territoires
d'Outre-Mer) à travers les représentations cartographiques et paysagères
;
. les paysages urbains (le centre, la
banlieue, la ville nouvelle) en relation avec les arts visuels ;
. les paysages ruraux et industriels appréhendés à travers
quelques problèmes actuels ;
. commerce,
service, tourisme et loisirs à travers l'évolution récente des paysages
;
- la France, un territoire organisé à
différentes échelles.
Les exemples de la
région (France métropolitaine ou d'Outre-Mer) où habitent les élèves et d'une
autre région resituées dans le cadre français et européen permettent d'aborder
:
. le réseau urbain et les aires
d'influence des grandes villes ;
. les
grands axes de communication ;
. les
petites villes et leurs "pays" ;
. une
première approche du découpage de l'espace français : la commune, le
département, la région (en rapport avec l'éducation civique) à partir d'exemples
locaux.
4 - La France à l'heure de
la mondialisation
Ce thème,
étroitement relié à l'histoire, sera abordé à partir de deux constats opposés
:
- la tendance à l'unification (modes de
consommation et de production, contraintes politiques, circulation de
l'information et production culturelle et scientifique) ;
- l'accroissement des différences (guerres et déplacements
de population, opposition Nord-Sud, mouvements d'opposition à la
globalisation...).
Points forts
- le poids économique, politique,
culturel ou sportif de la France et sa participation aux événements mondiaux
(prendre des exemples en relation avec l'actualité, la langue étudiée et
l'éducation artistique) ;
- la situation et
le rôle de la francophonie (en relation avec l'éducation
civique).
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Compétences devant être
acquises en fin de cycle |
ÉDUCATION
SCIENTIFIQUE
MATHÉMATIQUES
OBJECTIFS
Les connaissances et
les savoir-faire développés au cycle 3 doivent contribuer au développement d'une
pensée rationnelle, à la formation du citoyen, et permettre de bénéficier au
mieux de l'enseignement donné au collège. Ce triple impératif concerne aussi
bien les connaissances que doivent acquérir les élèves que leur capacité à les
mobiliser, de façon autonome, pour résoudre des problèmes.
La résolution de problèmes est au centre des activités
mathématiques et permet de donner leur signification à toutes les connaissances
qui y sont travaillées : nombres entiers et décimaux, calcul avec ces nombres,
approche des fractions, objets du plan et de l'espace et certaines de leurs
propriétés, mesure de quelques grandeurs.
Les situations sur lesquelles portent les problèmes proposés peuvent être
issues de la vie de la classe, de la vie courante, de jeux, d'autres domaines de
connaissances ou s'appuyer sur des objets mathématiques (figures, nombres,
mesures...). Elles sont présentées sous des formes variées : expérience
concrète, description orale, support écrit (texte, document, tableau, graphique,
schéma, figure).
Au travers de ces
activités, le développement des capacités à chercher, abstraire, raisonner,
prouver, amorcé au cycle 2, se poursuit. Pour cela, il est nécessaire de prendre
en compte les démarches mises en œuvre par les élèves, les solutions
personnelles qu'ils élaborent, leurs erreurs, leurs méthodes de travail, et de
les exploiter dans des moments de débat. Au cycle 3, les élèves apprennent
progressivement à formuler de manière plus rigoureuse leurs raisonnements,
s'essaient à l'argumentation et à l'exercice de la preuve.
Dans les moments de réflexion collective et de débat qui
suivent le traitement des situations, l'usage ordinaire de la langue orale et
les formulations spontanées des élèves prévalent. Ils sont toutefois complétés
par le recours à un lexique et à des formulations spécifiques, nécessaires à la
rigueur du raisonnement. Une attention particulière doit être portée aux
difficultés de lecture des énoncés que rencontrent de nombreux élèves afin,
d'une part, de ne pas pénaliser les élèves dont l'autonomie face à l'écrit est
insuffisante, d'autre part, de travailler les stratégies efficaces de lecture de
ces types de textes. L'écriture comporte, en mathématiques, différentes formes
qui doivent être progressivement distinguées : écrits pour chercher, écrits pour
communiquer une démarche et un résultat, écrits de référence.
L'élaboration des connaissances se réalise au travers de la
résolution de problèmes, leur maîtrise nécessite des moments d'explicitation et
de synthèse, et leur efficacité est conditionnée par leur entraînement dans des
exercices qui contribuent à leur mémorisation.
La diffusion maintenant généralisée des calculatrices rend moins
nécessaire la virtuosité des élèves dans les techniques opératoires (calcul
posé), dont on attend seulement qu'elles permettent de renforcer la
compréhension des opérations. L'apprentissage des techniques opératoires fournit
une occasion de renforcer la compréhension de certaines propriétés des nombres
et des opérations. Le calcul mental sous toutes ses formes (résultats mémorisés,
calcul réfléchi) occupe la place principale et accompagne l'usage intelligent
d'une calculatrice ordinaire.
L'enseignement des mathématiques doit intégrer et exploiter les
possibilités apportées par les technologies de l'information et de la
communication : calculatrices, logiciels de géométrie dynamique, logiciels
d'entraînement, toile (pour la documentation ou les échanges entre classes),
rétroprojecteur (pour les moments de travail collectif).
Le document d'application précise et développe, pour chaque
contenu, les compétences élaborées au cours du cycle, apporte un éclairage sur
les modalités d'apprentissage et donne des pistes d'activités pédagogiques. Il
constitue un complément indispensable pour la mise en œuvre du présent
programme.
PROGRAMME
1 -
Exploitation de données numériques
Ce domaine recouvre l'ensemble des problèmes dans lesquels les nombres et
le calcul interviennent comme outils pour traiter une situation, c'est-à-dire
pour organiser, prévoir, choisir, décider :
- problèmes résolus en utilisant les connaissances sur les nombres
naturels et décimaux et sur les opérations étudiées ;
- problèmes relevant de la proportionnalité, résolus en
utilisant des raisonnements personnels appropriés ;
- utilisation de données organisées en listes, en tableaux,
ou représentées par des diagrammes, des graphiques.
Le raisonnement y occupe une place importante, en
particulier dans la résolution de problèmes relevant de la
proportionnalité.
Ce qu'on appelle
traditionnellement le "sens des opérations" doit être au centre des
préoccupations. Les problèmes ne se limiteront pas à ceux qui peuvent se
résoudre à l'aide d'une seule opération : des problèmes nécessitant le recours,
explicite ou non, à des étapes intermédiaires seront également proposés. Selon
les problèmes proposés, selon la maîtrise qu'il a des connaissances en jeu,
l'élève aura recours à des procédures expertes ou élaborera des procédures
personnelles de résolution.
Des situations
relevant de la proportionnalité sont proposées et traitées en utilisant des
raisonnements personnels, adaptés aux données en jeu dans la situation et aux
connaissances numériques des élèves (voir les exemples fournis dans le document
d'application). Les élèves distingueront ces situations de celles pour
lesquelles ces raisonnements ne sont pas pertinents (situations de
non-proportionnalité). Ces procédures de résolution concernent également les
problèmes relatifs aux pourcentages, aux échelles, aux vitesses moyennes et aux
conversions entre unités de longueur, de masse, de contenance, de durée ou
d'aire qui trouvent leur place sous cette rubrique. À partir de cette première
approche dont l'importance ne doit pas être sous-estimée, l'étude organisée de
la proportionnalité sera mise en place au collège.
Les élèves sont également confrontés à la lecture, à l'interprétation
critique et à la construction de divers modes de représentation (listes,
tableaux, diagrammes, graphiques), à partir de données effectives : enquêtes,
mesurages en sciences, documents d'actualité. Au-delà d'une première maîtrise de
ce type d'outils, on cherche à mettre en lumière le fait que l'interprétation de
l'information dont ils rendent compte doit être faite avec vigilance : selon les
graduations choisies, les mêmes données peuvent, par exemple, donner
l'impression d'une forte ou d'une faible croissance.
2 - Connaissance des nombres entiers
naturels
Les connaissances
relevant de ce domaine doivent être bien maîtrisées à la fin de l'école
primaire. L'étude organisée des nombres se limite aux nombres de la classe des
millions, mais des nombres plus grands peuvent être rencontrés. À la fin du
cycle 3, les élèves doivent maîtriser la lecture et l'écriture des nombres
entiers naturels. Ils doivent comprendre les principes de la numération
décimale, en particulier que la valeur des chiffres dépend de leur position dans
l'écriture des nombres, en relation avec les activités de groupements et
d'échanges qui la sous-tendent.
Ils doivent
également maîtriser la comparaison et le rangement de ces nombres et avoir
travaillé sur le placement exact ou approché de nombres sur une droite graduée,
en relation avec la proportionnalité. Le travail sur les graduations sera
réinvesti ensuite dans l'étude des nombres décimaux.
Une bonne maîtrise des relations entre des nombres d'usage
fréquent permet de structurer le domaine numérique. Elle fournit des points
d'appui pour le calcul mental, notamment pour le calcul approché ,et constitue
une première approche de l'arithmétique qui sera poursuivie au
collège.
Les connaissances relatives aux
nombres entiers naturels concernent :
- la
numération décimale : valeur des chiffres en fonction de leur position, suites
de nombres ;
- les désignations écrites (en
chiffres et en lettres) et parlées des nombres ;
- la comparaison et le rangement de nombres, le placement de nombres sur
une droite graduée ;
- les relations
arithmétiques entre les nombres : doubles, moitiés, quadruples, quarts, triples,
tiers..., notamment entre nombres d'usage courant, la notion de multiple
(multiples de 2, 5 et 10).
3 -
Connaissance des fractions simples et des nombres
décimaux
Au cycle 3, les
élèves mettent en place une première maîtrise des fractions et des nombres
décimaux : compréhension de leurs écritures, mise en relation des écritures à
virgule avec des sommes de fractions décimales, comparaison des nombres
décimaux, utilisation de graduations. Leur étude sera poursuivie au
collège.
Les fractions et les nombres
décimaux doivent d'abord apparaître comme de nouveaux nombres, utiles pour
traiter des problèmes que les nombres entiers ne permettent pas de résoudre de
façon satisfaisante : problèmes de partage, de mesure de longueurs ou d'aires,
de repérage d'un point sur une droite. Les fractions sont essentiellement
introduites, au cycle 3, pour donner du sens aux nombres
décimaux.
La compréhension des nombres
décimaux est favorisée par la comparaison de certaines de leurs propriétés avec
celles des nombres entiers : la notion de "nombres consécutifs" a du sens avec
les nombres entiers, elle n'en a plus avec les nombres décimaux, intercaler un
nombre entre deux décimaux est toujours possible (ce qui n'est pas vrai pour
deux nombres entiers), le nombre de chiffres de l'écriture décimale est un
critère de comparaison de deux nombres entiers et ne l'est plus pour deux
nombres décimaux.
Concernant les écritures
à virgule des nombres décimaux, les élèves doivent comprendre que la valeur d'un
chiffre dépend de sa position : cette valeur se définit notamment par rapport à
l'unité (le dixième et le centième représentent dix fois moins et cent fois
moins que l'unité) et par rapport à celle des chiffres voisins (le centième
représente dix fois moins que le dixième).
Dans les situations où des décimaux sont utilisés, on rendra les élèves
attentifs au choix des décimales pertinentes.
Les connaissances relatives aux fractions et aux nombres décimaux
concernent :
- les fractions simples :
utilisation, écriture, encadrement entre deux nombres entiers successifs,
écriture comme somme d'un entier et d'une fraction inférieure à 1
;
- les nombres décimaux : utilisation,
valeur des chiffres en fonction de leurs positions dans une écriture à virgule,
passage de l'écriture à virgule à une écriture fractionnaire (fractions
décimales) et inversement, suites de nombres décimaux, lien entre désignations
orales et écritures chiffrées ;
- la
comparaison, le rangement, l'intercalation, l'encadrement de nombres décimaux,
leur placement sur une droite graduée ;
-
la valeur approchée d'un décimal à l'unité près, au dixième près, au centième
près.
4 -
Calcul
Dans ce domaine, les
compétences en calcul mental (résultats mémorisés, calcul réfléchi exact ou
approché) sont à développer en priorité. Pour cela, une bonne connaissance des
tables est indispensable. Elle suppose de savoir fournir aussi bien un résultat
direct (somme ou produit) qu'un résultat dérivé (complément et différence,
facteur d'un produit ou quotient). Le calcul réfléchi implique la mise en œuvre
de procédures personnelles, adaptées à chaque calcul particulier : elles peuvent
être uniquement mentales ou s'appuyer sur un écrit. L'explicitation et
l'analyse, par les élèves, des raisonnements utilisés constituent un moment
important de cet apprentissage. Le travail sur le calcul approché commence au
cycle 3. Il doit être utilisé dans des situations où les élèves peuvent lui
donner du sens, par exemple : contrôle d'un résultat obtenu par écrit ou à
l'aide d'une calculatrice, moyen de décider dans une situation où le résultat
exact n'est pas nécessaire.
Les techniques
opératoires usuelles sont mises en place sur des nombres d'usage courant, en
s'attachant à assurer une bonne compréhension des étapes du calcul. Elles ne
doivent pas faire l'objet d'une recherche de virtuosité
excessive.
Les élèves doivent être capables
d'utiliser des calculatrices comme moyen ordinaire de calcul (par exemple, dans
la résolution de problèmes qui ne peuvent pas être traités mentalement) et
maîtriser certaines de leurs fonctionnalités.
Les connaissances relatives au calcul concernent :
- la mémori